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31/01/2009

290109 : conseil municipal – 3

C'est avec la plus grande attention que j'ai lu, ce matin samedi  30 janvier 2009, l'édition locale des dernières nouvelles d'Alsace. On y relatait une suite tronquée du conseil municipal de jeudi.


Il y était question d'une répartie de
“ l'ancien maire ” qui a cru bon devoir préciser qu'il descendait de son bureau pour aller rencontrer ses administrés lorsqu'ils étaient dans l'impossibilité de monter les marches de l'escalier. Probablement trop occupé, le “ journaleux ” [ on a bien le droit de l'appeler comme ça, puisqu'il n'est question que des “ profs ” dans les colonnes du journal qu'il remplit ; curieusement, il n'y est jamais question des “ flics ”, on se demande bien pourquoi ] n'a pas prêté attention à la réponse du “ nouveau maire ” qui a précisé qu'il pensait respectueux vis-à-vis de ceux qui sont affectés d'un handicap de leur permettre de se rendre au bureau du maire par leurs propres moyens. Les lecteurs du blog de Pumpernickel pourront, eux, disposer de la réalité des faits.

Il y était question des travaux prévus dans les différentes écoles de la commune, dont le détail, et les montants figurent sur le note de synthèse remise aux conseillers municipaux le semaine dernière, et dont le “ journaleux ” a dû être destinataire. Peu ou pas beaucoup à faire par conséquent.

Il n'y a pas été question des points 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17, et pour cause : le “ journaleux ” était parti, laissant aux autres le soin de faire le compte rendu à sa place.

En parallèle et dans un à-plat,, il a été question de la réunion organisée sur
le projet de ville qui aurait dû avoir sa place il y a un an, lors de la campagne municipale. Il aurait été intéressant, à l'époque, que ceux qui font profession de journalisme organisent le ou les grands débats dont nous avons été privés et qui auraient permis aux uns et aux autres de se faire une opinion objective de la réalité des projets municipaux des uns et des autres. À l'époque, l'agence locale n'avait évidemment aucune considération pour celles et ceux qui disaient que les résultats n'étaient pas écrits et que l'étonnement était au rendez-vous. Et chacun mesure, au fil des pages, que c'est avec la plus grande et la plus scrupuleuse des objectivités qu'elle rend compte des activités et des initiatives d'une municipalité qu'elle ne chercherait en aucun cas à faire passer pour intérimaire.

La grande différence avec les années '80, c'est qu'il est possible maintenant de faire entendre la voix de la discordance, quand ce n'est pas celle de la dissidence.

30_01_09 / annie le brun / la crise / france culture

Annie Le Brun, écrivain, poète, philosophe était l’invitée d’Antoine Mercier lors du journal de la mi-journée, à 12h30 sur France Culture. J’en ai essayé la retranscription que vous pouvez vous procurer en allant sur le site.

Il a interrogé cette intellectuelle, qui s’est insurgée tant contre les tenants de la misogynie traditionnelle que contre les staliniennes en jupons, et a exploré la crise au travers du langage et de son évolution, de sa grammaire, un langage qui se développe en continuel déni de réalité.

Ça fait longtemps que ça a commencé, mais cela prend des proportions maintenant exorbitantes, on s’en rend de moins en moins compte. Démarrage avec l’intrusion du langage technique dans à peu près tous les domaines, et apparition de termes comme “ la bombe propre ”, des “ frappes chirurgicales ”, “ la croissance zéro ”, et même “ la croissance négative ”. Le langage a alors pour fonction d’interdire la contradiction, au travers de formules ritualisées bien frappées [comme on frappe une monnaie] pour être reprises par tout le monde, de telle sorte que l’on ne peut plus les contester. Parce qu’elles contiennent une chose et son contraire. Elles exercent alors une sorte de sidération avec une fonction hypnotique anesthésiante qui va permettre de tout avaler. Et avec la crise, on a des discours qui ont continuellement cette fonction hypnotisante. C’est un symptôme du fait qu’il n’y a plus de réaction,que nous sommes pris dans un système sur lequel on n’a plus de prise, parce que l’on n’a plus le langage pour y accéder.
Le langage est à la fois le reflet et l’instrument de cette hypnotisation générale, mais c’est aussi pour ne pas voir, malgré les dimensions que prend la crise financière, que tout se tient !
Cette crise financière est l’équivalent de ce qu’a été la vache folle dans le monde alimentaire, ou l’affaire du sang contaminé, c'est-à-dire des mécanismes, des systèmes qui commencent à fonctionner tous seuls, ou qui en donnent l’impression. Et à un moment tout se passe comme si on n’avait plus les moyens d’arrêter cette machine. On perd tout effet de sens, on perd la notion du rapport des choses avec leur expression, on perd la relation entre la cause et l’effet. C’est très grave puisque l’on ne s’aperçoit plus de ce que l’on fait.

Est-ce que les conditions d’expression de la pensée seraient atteintes, alors ?

Oui, d’ailleurs on voit très peu de gens parmi les intellectuels qui s’opposent à tout ça. Même s’il y a des critiques qui s’expriment, mais elles le font dans un domaine spécialisé ne donnant qu’un seul aspect du paysage. Alors que j’ai l’impression que tout se tient. C’est cela que l’on ne veut pas voir, et c’est cela qu’il faut dissimuler.
Le tout, c’est qu’il y a une certaine équivalence dans le désastre. A la remodélisation des villes en centre commercial généralisé correspond le bodybuilding, la chirurgie esthétique, au crabe reconstitué, cette nourriture industrielle correspond cette sorte de nourriture culturelle qu’on essaie de faire avaler de telle sorte que toutes le conditions sont en place pour qu’on avale tout, aussi bien la mauvaise nourriture que l’absence de pensée.

Y a-t-il quelqu’un qui pilote cette opération ? Et comment fat-on pour sortir de cet enfermement ?

Je ne pense qu’il y ait quelqu’un, mais le cours des choses est tel que l’on a de moins de moins de prise sur ce qui se passe, et qu’il y a de moins en moins de personnes pour s’y opposer.
Individuellement, on se sent perdu, et cette invasion du langage technologique pour rendre compte de la vie intérieure, on est de plus en plus démuni face à ce qui vous arrive, et on est prêt à accepter tous les ersatz de communication. Le lien cliquable de l’Internet convient parfaitement à la situation, et tout se passe comme s’il y avait toujours un produit à nous vendre pour boucher cette sorte d’absence de communication. Tout ce qui se passe sur l’Internet au travers des réseaux sociaux a un côté d’aliénation de proximité. Et tout cela repose sur un effacement du corps et de la sensibilité. C’est très grave.
A propos des manifestations du 29 janvier, bien que n’ayant pas beaucoup écouté, j’ai remarqué que les commentateurs qui en ont parlé n’ont pas relevé que beaucoup de gens avaient une sorte de papillon, et ce papillon, c’était “ rêve général ”, “ utopistes, debout ! ”. J’ai demandé à eux qui portaient ce papillon, les gens ne savaient pas, mais ils avaient l’air très contents de porter ça, et c’est extrêmement important car c’était en discordance avec les slogans et les banderoles, avec le thème de la manifestation qui était d’ordre économique, avec toutes les bonnes raisons d’avoir ce genre de revendications, mais on trouvait là, avec ces papillons une sorte de lieu d’où on allait prendre une distance, et ce lieu, c’était ce rêve général. Et tout d’un coup, je pense que quelque chose a bougé.

On a bien de la chance d’avoir encore sous la main des gens qui s’interrogent, des gens qui interrogent ceux qui s’interrogent, un service public qui prend en charge ce qui reste une grande œuvre d’éducation populaire.

Sondagite

Voici le type de phrase que l'on peut trouver sur les sites dits d'information :

“ Les manifestations de jeudi prouvent, pour 47% de ceux qui l'approuvent, surtout leur "mécontement" à l'égard de Nicolas Sarkozy, et pour 46%, leurs "inquiétudes" face à la crise, selon un sondage. ”

Si quelqu'un a le décodeur, qu'il n'hésite pas à mettre un commentaire.

À titre tout-à-fait personnel, et pour en rester au niveau de langage qui convient en bonne société, je trouve que cela s'appelle se moquer du monde, et ne pas avoir beaucoup de respect pour ceux qui vous lisent.

29/01/2009

290109 : conseil municipal – 2

Conseil municipal du 29 janvier 2009

Je ne suis arrivé qu’à 18h15 pour constater que si la plupart était là, il manquait Monsieur musée Westercamp. C’est dommage, car il s’occupe aussi du projet de ville, et comme on a abordé la rénovation du galetas qui abrite les services municipaux [ on dit aussi la mairie, c’est marrant comme tous ces bâtiments sont dans un de ces états, je n’en reviens pas ![ ]. Mais peu importe.
J’ai aussi observé le manque d’intérêt évident de l’ancien maire pour les propos qui se tenaient dans une enceinte qu’il menait à la baguette il y a tout juste un an quand j’écrivais le 28 janvier 2008, et je n’en suis pas peu fier :
Belle séance du conseil municipal ce mercredi 30 janvier 2008 ! Pour sa probable dernière prestation en tant que maître de cérémonie, Monsieur "Moins-Zéro-Virgule-Trois-Pour-Cent" a décidé d’en faire un maximum en n’imposant pas moins de 32 points à l’ordre du jour qui vient d’être reçu par les membres de l’opposition.
Le spectacle commence dès 17h30, avec, en vedettes américaines, d’une part Edmond Grandgeorge qui fera le bilan de rencontres du cinéma d’animation et d’autre part une présentation (PowerPoint ?) de l’éclairage public par la société ECOTRAL. Y a-t-il un lien entre les deux ? Est-ce parce que l’on parle de lanterne magique ?
Nous entrerons dans le vif du sujet à partir de 18h00, et là, accrochez vos ceintures, car ça promet d’être long et ennuyeux.

Terminant par un “Courage au public qui assistera à cet adieu de l’équipe "Bertrand", courage aux conseillers de l’opposition qui devront encore subir réflexions et allusions, il n’y en plus pour longtemps.” Ce n’est pas parce que l’on n’a plus rien à dire et plus personne à interrompre qu’il est nécessaire de s’abstraire dans une petite somnolence…


Point numéro 1 : a dû être adopté à l’unanimité, mais j’attends que le journaliste de la P2R en écrive plus sur la question, lui qui est parti à 19h10, alors que l’on finissait d’examiner le point numéro 4 !

Points numéros 2 & 3 : les orgues catholiques et protestantes.
Quand je suis arrivé, on parlait des orgues, et Monsieur l’opposant R. Kany s’interrogeait sur l’absence de prise ne charge par l’Etat d’un orgue pourtant intégralement classé. Parallèlement, il trouvait que l’on a dans le passé beaucoup subventionné les projets cultuels et qu’il était peut-être temps d’étaler dans le temps les dépenses envisagées.
Sur ce le maire lui a répondu qu’en janvier 2008, il avait voté … ce que l’actuelle municipalité présente ! Puis rappelle que tout cela se fera sur 5 exercices fiscaux, l’année 2011 étant plus difficile puisque les deux projets se chevaucheront.
Il est encore précisé qu’à la demande de la municipalité, les deux entités, catholique et protestante, ont développé des projets culturels et pédagogiques complémentaires.
On passe au vote, et juste avant, Monsieur l’opposant R. Kany rajoute un truc qui lui vaut un “Oui, c’est juste pour dire quelque chose !” du maire qui a le talent de le vexer. On le verra plus tard.
Adoptés évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Gilbert, un peu moins de lumière, s’il te plaît !
Point numéro 4 : je refais ma maison.
La première tranche de “rénovation” de la mairie va coûter un peu moins de 600 000 euros, car comme l’a dit le maire, faisant tiquer “Gilbert ”, il n’est pas question qu’en ville on puisse dire qu’à peine arrivé il se fait refaire son palais ! 600 000 euros, la diagonale du fou ! Pour ce prix-là, on aura une aile est refaite, avec un ascenseur et un accueil du public avec “guichet unique”. Comme il faut faire vite [ le délai, c’est demain ! ], on a demandé au cabinet qui s’occupe du relais de faire un avant-projet qui sera remis fissa à la sous-préfecture. Cette précipitation met les nerfs de Monsieur l’opposant R. Kany en pelote ! Il remet le couvert en disant qu’il prend la parole bien que le maire lui ait dit qu’il disait n’importe quoi, ce qui est contesté, la 1ère adjointe en rappelant les faits, et on se calme. Cela dit, les remarques de Monsieur l’opposant Kany ne sont pas dénuées de sens : concertation absente, contretemps, précipitation, “On nous prend de court ”. Réponse de la 1ère adjointe qui rappelle le détail des conversations à la commission ad hoc, puis on s’engage dans une discussion un peu confuse, Monsieur l’opposant D. Schweinberg souhaitant que l’on commence les travaux par le toit, alors que l’on a expliqué auparavant qu’il fallait encore attendre l’avis des monuments historiques. Finalement, c’est voté à 28 pour et 1 contre, Monsieur l’opposant R. Kany. Je reconnais m’être trompé, mais seulement d’une voix !

A 19h10, le représentant de l’ALP2R, OPPA (avatar local de la presse régionale de révérence, organe du parti de la presse et de l’argent), celui qui considère l'actuelle municipalité au mieux comme interimaire, à tel point que ça finit par en être gênant, quitte la salle, probablement pour écrire le compte rendu de ce qui va se passer les 50 prochaines minutes.

Point numéro 5 : travaux dans les écoles
134 500 euros seront consacrés à l’entretien et la rénovation des écoles.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 6 : travaux place des Fauvettes
Là, c’est 78 000 euros, seulement.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 7 : communauté de communes
Le maire pale de glissement de compétences, et moi, je n’ai rien à ajouter ni à retrancher à ce que j’ai écrit il y a quelques heures.
Les points 7.1, 7.2, 7.3 et 7.4 sont évidemment adoptés à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 8 : sivom de la région de Wissembourg
Ce point ne fait l’objet d’aucune remarque, et surtout pas de celui qui est conseiller général du canton de Wissembourg. Cela pose beaucoup de questions auxquelles cette personne serait aimable de répondre, en particulier en détaillant la réalité de ses interventions et de son travail pour assurer la cohésion d’un ensemble géographique et humain. Et moi, je n’ai rien à ajouter ni à retrancher à ce que j’ai écrit il y a quelques heures.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Points numéros 9 & 10 : ventes de terrains
N’appellent aucun commentaire particulier.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé, mais là, je ne prenais aucun risque !

Point numéro 11 : guide des procédures internes
Au nom de la “simplification” administrative et de l’efficacité, on aligne les communes françaises sur les communes européennes, précise le maire. Qui oublie dans son exposé de dire que s’il y a 72 000 communes en Europe, c’est parce qu’il y en a 36 000 en France, et donc de taille modeste pour plus de 30 000 d’entre elles. Et qu’il est parfaitement ridicule de leur appliquer le traitement que l’on réserve à des entités regroupant des dizaines de milliers d’habitants. Mais, cela, les gnomes de Bruxelles n’en ont cure. Il leur faut une norme, comme au temps de l’Union soviétique, où il fallait une norme, qu’importe si elle était stupide. Voilà pourquoi jusqu’à 5 millions [ et là, “Gilbert ” a pris la mesure de la situation, faisant part à voix haute de sa surprise : “Mais alors, la commission d’appel d’offre n’a plus lieu d’être en dessous de 5 millions ? ” a-t-il demandé ingénument ]. Là-dessus, Monsieur l’adjoint N. Schwarz prend la parole pour faire part de son doute et annoncer que, puisque s’il avait été dans l’opposition il aurait voté contre, maintenant dans la majorité il s’abstiendra. Conclusion du maire, en forme d’aveu : “On définit chacun son propre filet de protection. ” après avoir précisé que la commission d’appel d’offre pourra se réunir et prendre une délibération même si le quorum n’est pas atteint, pour les petites sommes, c’est-à-dire inférieures à 5 millions d’euros [ il s’agit tout de même du quart du budget de la commune ! ]
Ce qui me permet de vous renvoyer à l’article précédent, auquel je n’ai rien à ajouter ni à retrancher.
Adopté à l’unanimité moins deux abstentions, celles de Monsieur l’adjoint N. Schwarz et de Monsieur l’opposant D. Schweinberg !

Point numéro 12 : entretien du réseau d’assainissement
A la surprise générale, c’est Eurovia qui a fait les 6 bons numéros et qui décroche le jack pot de l’entretien du réseau d’assainissement.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 13 : entretien du réseau d’alimentation en eau potable
A la surprise générale, c’est Eurovia qui a fait les 6 bons numéros et qui décroche le jack pot de l’entretien du réseau d’alimentation en eau potable.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 14 : convention ONF – Life Lauter
C’est dans le cadre de LIFE, pour L’Instrument Financier pour l’Environnement. C’est un programme de financement européen dont l’objectif est de soutenir le développement et la mise en œuvre de la politique européenne de l’environnement et du développement durable.
Depuis le temps que l’on se penche sur cette pauvre Lauter, on espère pour elle que son état s’améliore. Pour mémoire, je rappelle qu’en 1989, j’ai déposé un dossier complet sur l’implantation de brigades vertes sur le modèle de ce qui se fai(sai)t dans le Haut-Rhin. Comme il fallait s’y attendre, il n’en est rien sorti. Alors, Life Lauter…
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 15 : demandes de subventions
On peut parler de gestion ordinaire, et cela n’appelle aucun commentaire.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 16 : participation au coût de la formation des apprentis au centre du LP André-Sigfried.
On peut parler de gestion ordinaire, et cela n’appelle aucun commentaire.
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 17 : création de poste administratif précaire
Embauché pour 6 mois à 1 100 euros par mois, on espère que ce n’est pas lui qui va s’occuper de la mise en place de l’épicerie sociale et de la maison de la solidarité !
Adopté évidemment à l’unanimité, comme annoncé !

Point numéro 18 : divers
Pas de divers.

290109 : conseil municipal – 1

Conseil municipal du 29 janvier 2009

Dix-huit points seulement à cette séance qui se tiendra [ ces lignes sont écrites à 17h00 mais ne seront mises en ligne qu’à 18h00, histoire de ne pas donner d’idées, bonnes ou mauvaises ; on verra bien ce qu’il en sortira ] à Altenstadt. C’est une bonne idée, car cela fera peut-être taire les langues mauvaises de la médisance qui se répandaient l’été dernier pour cancaner et dauber sur ce nouveau maire qui ne réunit même plus le conseil municipal. On peut bien se demander qui a eu l’idée de répandre pareille contre-vérité, et surtout dans quel but !

Sur le fond, peu ou pas de changement : on gère.

Point numéro 1 : adoption du procès-verbal du conseil municipal du 19 décembre 2008 dont un exemplaire a été adressé à chaque conseiller le 12 août 2008. Il faudrait tout de même que ces comptes rendus figurent quelque part sur le site de la ville, et si possible sous forme de procès-verbaux. Cela permettrait que l’on sache vraiment ce qui est dit, et non pas de ne disposer que d’un résumé forcément incomplet et le plus souvent partiel de la situation. Quant au site, il souffre d’une certaine indigence, héritée de l’ancien équipage et du concepteur d’alors, celui dont on a oublié le nom. Pour aller sur les sites de communes encore moins importantes que Wissembourg, il y a plus et mieux à faire. Pour exemple, la dernière livraison téléchargeable du journal municipal date de … septembre 2007, autant dire de l’ancien régime !
Adopté évidemment à l’unanimité !

Points numéros 2 & 3 : les orgues catholiques et protestantes.
Peu de commentaire sur cette affaire puisque la cause est entendue. La commune sortira deux fois 150 000 euros, et nous disposerons d’instruments que la terre entière nous enviera.
A propos de ces orgues, faisons tout de même que l’on se trouve dans un contexte analogue à celui du relais culturel, où, des années, que dis-je des décennies durant, les équipes de droite, molle puis extrême-dure qui se sont relayées au château ont laissé les affaires pendantes, sans se réoccuper de l’avenir. Et maintenant, il faut mobiliser des sommes considérables pour réparer des mandats placés sous le signe d’une certaine désinvolture.
Adoptés évidemment à l’unanimité !

Point numéro 4 : je refais ma maison.
Comme le bureau du maire est encore et toujours inaccessible aux handicapés, il faut installer un ascenseur. Une autre solution aurait été de descendre le bureau du maire au rez-de-chaussée, mais cela aurait été peut-être trop simple. Alors va pour l’ascenseur !
On aurait pu aussi transporter la mairie à la communauté de communes, dans l’ancienne école Ohleyer, rénovée à grands frais [ 600 000 euros, remarque qui m’a valu les foudres de l’administration judiciaire ; rendez-vous au point numéro 7 ], mais cela aurait été peut-être trop simple. Alors va pour l’ascenseur !
Adopté évidemment à l’unanimité !

Point numéro 5 : travaux dans les écoles
134 500 euros seront consacrés à l’entretien et la rénovation des écoles.
Adopté évidemment à l’unanimité !

Point numéro 6 : travaux place des Fauvettes
Là, c’est 78 000 euros, seulement.
Adopté évidemment à l’unanimité !

Point numéro 7 : communauté de communes
On ne reviendra pas sur le détail des 4 points qui seront abordés et évidemment votés probablement à l’unanimité par le conseil municipal qui organise son hara-kiri progressif au fil des années. Car en y regardant de plus près, et en croisant avec les informations glanées auprès de conseillers municipaux d’autres communes appartenant à la communauté de communes, on s’aperçoit que es compétences des communes fondent comme les glaciers du Groenland depuis quelques années. Tout est sujet à ce que la communauté de communes prenne en charge ce qui l’était auparavant par les communes. On peut s’en féliciter en arguant de la mutualisation des moyens, de la rationalisation des interventions, de la programmation concertée, et autres “zarguments”, on peut aussi s’interroger sur la légitimité des décisions qui sont prises hors de tout contexte de contrat passé avec les électeurs.
Qui parmi nous peut dire qu’il a voté lors des dernières élections municipales pour que son conseil municipal soit dépossédé de ses prérogatives ?
Qui parmi nous a entendu des candidats se présenter et revendiquer un rôle subalterne, comme celui qui est maintenant dévolu aux conseils municipaux ?
Parallèlement, et indépendamment de la personnalité du président de la communauté de communes et de celle de ses vice-présidents, qui parmi nous peut dire qu’il a élu, réellement élu, les membres du conseil communautaire, 36 si j’ai bien compté, dont 10 pour Wissembourg qui représente la moitié de la population. Quelle est donc la légitimité de ces gens qui décident sans autre publicité que la feuille de propagande glissée dans les boîtes à lettres ?
La seule solution démocratique qui soit acceptable, c’est que les différentes communes de la communauté de communes se rassemblent eu une seule entité administrative et qu’un conseil démocratiquement élu, directement pas les citoyens, prenne les décisions. Tout autre fonctionnement relève du trompe-l’œil. Mais tranquillisez-vous, à part sur le blog de Pumpernickel, vous ne trouverez personne qui énonce de pareils propos. C’est dommage, car ce sont les seuls qui soient en phase avec les principes dont se réclament celles et ceux qui occupent, d’un point de vue moral, indûment, même si d’un point de vue légal tout est en ordre, l’ancienne école Ohleyer.
Les points 7.1, 7.2, 7.3 et 7.4 sont évidemment adoptés à l’unanimité !

Point numéro 8 : sivom de la région de Wissembourg
On est dans le même contexte, mais à l’envers, avec le dépeçage progressif et systématique d’une autre entité, qui n’a en fait jamais existé, le canton de Wissembourg. Pour être juste, la personnalité du conseiller général n’y est pas vraiment pour rien, son (in)action ces 23 dernières années ayant achevé de séparer les communes de la vallée de la Sauer du reste du canton. Pas étonnant alors que le sivom qui a construit un collège qu’il a fallu partiellement détruire pour en reconstruire un autre se décompose, petit à petit, vidé de sa substance.
Adopté évidemment à l’unanimité !

Points numéros 9 & 10 : ventes de terrains
N’appellent aucun commentaire particulier.
Adopté évidemment à l’unanimité !

Point numéro 11 : guide des procédures internes
Au nom de la “simplification” administrative, on relève petit à petit les seuils à partir desquels les procédures d’appel d’offre publiques sont déclenchées. Maintenant, c’est à partir de cinq millions d’euros, oui, oui, vous avez bien lu ! Tous ceux qui ont suivi l’actualité lors du vote de ces nouvelles “façons de faire” ont entendu les parlementaires de l’opposition faire part de ce dont tout le monde pense vraisemblable : ce sera la porte ouverte à tous les abus. La commune s’engage dans un dispositif par tranche dont on espère, sans trop y croire, y compris sans doute parmi ses promoteurs, que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Imaginons maintenant qu’un type peu recommandable se fasse élire à la mairie : il disposerait de toutes les clefs pour dépenser à son gré et selon ses humeurs tous l’argent de la caisse commune. J’ai déjà fait le bilan de ces centaines de milliers d’euros dont on ne rend compte qu’a posteriori, en contradiction avec les principes démocratiques élémentaires pour n’avoir que du mal à dire de cette nouvelle mouture.
Adopté peut-être à l’unanimité !

Point numéro 12 : entretien du réseau d’assainissement
A la surprise générale, c’est Eurovia qui a fait les 6 bons numéros et qui décroche le jack pot de l’entretien du réseau d’assainissement.
Adopté probablement à l’unanimité !

Point numéro 13 : entretien du réseau d’alimentation en eau potable
A la surprise générale, c’est Eurovia qui a fait les 6 bons numéros et qui décroche le jack pot de l’entretien du réseau d’alimentation en eau potable.
Adopté probablement à l’unanimité !

Point numéro 14 : convention ONF – Life Lauter
C’est dans le cadre de LIFE, pour L’Instrument Financier pour l’Environnement. C’est un programme de financement européen dont l’objectif est de soutenir le développement et la mise en œuvre de la politique européenne de l’environnement et du développement durable.
Depuis le temps que l’on se penche sur cette pauvre Lauter, on espère pour elle que son état s’améliore. Pour mémoire, je rappelle qu’en 1989, j’ai déposé un dossier complet sur l’implantation de brigades vertes sur le modèle de ce qui se fai(sai)t dans le Haut-Rhin. Comme il fallait s’y attendre, il n’en est rien sorti. Alors, Life Lauter…
Adopté probablement à l’unanimité !

Point numéro 15 : demandes de subventions
On peut parler de gestion ordinaire, et cela n’appelle aucun commentaire.
Adopté sans doute à l’unanimité !

Point numéro 16 : participation au coût de la formation des apprentis au centre du LP André-Sigfried.
On peut parler de gestion ordinaire, et cela n’appelle aucun commentaire.
Adopté sans doute à l’unanimité !

Point numéro 17 : création de poste administratif précaire
Embauché pour 6 mois à 1 100 euros par mois, on espère que ce n’est pas lui qui va s’occuper de la mise en place de l’épicerie sociale !
Adopté peut-être à l’unanimité !

Point numéro 18 : divers
On verra.

27/01/2009

Le 28 janvier, il aura 54 ans, et le 29, c'est LA GREVE ! - 2

Demain restons-en à nos occupations quotidiennes, et laissons-le

à ses "j'entends mais j'écoute pas",

à ses "plus personne ne s'aperçoit qu'il y a une grève dans le pays depuis que c'est moi qui en suis le président",

à ses acolytes qui se prennent pour des hommes d'avenir parce qu'il veulent supprimer le droit de grève, le droit d'amendement, le droit de manifester, le droit de se réunir, la sécurité sociale, la retraite, les congés payés, les allocations de chômage, le droit du travail, le contrat de travail, la présomption d'innocence, le droit d'asile, la liberté d'expression, etc., etc. [ parce que si être un homme du passé c'est être pour le droit de grève, le droit d'amendement, le droit de manifester, le droit de se réunir, la sécurité sociale, la retraite, les congés payés, les allocations de chômage, le droit du travail, le contrat de travail, la présomption d'innocence, le droit d'asile, la liberté d'expression, etc., etc., alors nous sommes nombreux à être des hommes du passé, parce que nous savons que le passé, c'était pas de droit de grève, pas de droit d'amendement, pas de droit de manifester, pas de droit de se réunir, pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de congés payés, pas d'allocations de chômage, pas de droit du travail, pas de contrat de travail, pas de présomption d'innocence, pas de droit d'asile, pas de liberté d'expression, etc., etc. ]

Et concentrons-nous sur jeudi et la grève interprofessionnelle pour en faire un outil puissant qui remettra les pendules sociales à l'heure des travailleurs, des précaires, des sans-papiers, des refoulés, des chômeurs, des licenciés, des petits salaires, des intérimaires, et hélas etc.

Pour savoir où manifester dans votre ville, clic sur la carte de la CGT. Et à jeudi !

26/01/2009

Le 28 janvier, il aura 54 ans, et le 29, c'est LA GREVE !

Alors, soyons cruels, et rappelons-lui ce qu'il déclarait le 25 septembre, dans l'une de ces envolées dont il a le secret, quand il dit tout et son contraire, l'avers et l'envers, le convexe et le concave, et réciproquement.

Et rappelons-nous, que
le jour où ils ont dégonflé les pneus des 4x4, je n'ai rien dit, car je n'avais pas de 4x4 !

18h30 : Un début de discours anxiogène
Monsieur le président de la République commence son discours par des propos très anxiogènes sur la «peur»: «Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale. Comme partout dans le monde, les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d’achat. La peur est une souffrance. La peur empêche d’entreprendre, de s’engager.»

18h33 : Ça sent mauvais en France...
Monsieur le président de la République poursuit son discours sur un ton grave: «Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que la crise n’est pas finie, que ses conséquences seront durables. Dire la vérité aux Français, c’est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat.»

18h36 : Monsieur le président de la République, l'anti-libéral
C'en est fini du Monsieur le président de la République libéral de la campagne. Le discours est très méfiant par rapport au libéralisme: «L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. [...] On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur.»

18h38 : La trahison du capitalisme
Le Président en rajoute sur la critique du système financier actuel: «ce système, il faut le dire parce que c’est la vérité, ce n’est pas l’économie de marché, ce n’est pas le capitalisme. L’économie de marché c’est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous [...] La crise financière n’est pas la crise du capitalisme. C’est la crise d’un système qui s’est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui a trahi l’esprit du capitalisme.»

18h40 : Petite leçon de Monsieur le président de la République
Voilà la pensée économique de Nicolas Monsieur le président de la République résumée en une phrase: «La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l’effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle.»

18h42 : Encadrer les salaires des dirigeants
Une première mesure d'annoncée: «Je n’hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d’abus, trop de scandales.» Première mesure... et premiers applaudissements dans la salle.

18h43 : Développer l'intéressement
Suite logique de sa critique des hauts salaires: «si les dirigeants sont intéressés au résultat, les autres salariés doivent l’être aussi. S’ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d’un système d’intéressement.» Applaudissements dans la salle encore.

18h45 : Débusquer les responsables
Et on revient à la crise financière: «Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement. L’impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables.» Mais il ne dit toujours pas qui...

18h47 : Monsieur le président de la République le keynésien
«La crise devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial. Compte tenu de ce qui vient de se passer et de l’importance de l’enjeu pour l’avenir de notre économie, il va de soi qu’en France l’Etat y jouera un rôle actif.» L'Etat, plutôt que le marché. C'est maintenant clair: notre président est keynésien.

18h48 : Le problème monétaire
«La remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies. Le producteur français peut faire tous les gains de productivité qu’il veut, il peut à la rigueur concurrencer les bas salaires des ouvriers chinois, mais il ne peut pas compenser la sous-évaluation de la monnaie chinoise»

18h50 : Monsieur le président de la République veut un nouveau Bretton-Woods
«Il me paraît nécessaire que les chefs d’Etat et de gouvernement des principaux pays concernés se réunissent avant la fin de l’année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts pour rétablir la confiance [...] Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale». Un nouveau Bretton-Woods, rien que ça!

18h51 : Les épargnants français ne perdront pas un euro
Les banques françaises paraissent en mesure de surmonter les difficultés actuelles, mais si elles devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n’accepterais pas qu’un seul déposant perde un seul euro parce qu’un établissement financier se révélerait dans l’incapacité de faire face à ses engagements.

18h54 : Un plan Paulson made in France?
Monsieur le président de la République est prêt à prendre des mesures comme celles qu'ont prises le gouvernement américain: «Si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, l’Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. Il le ferait par des cautions, par des garanties, par des apports en capital ou par une modification de la réglementation bancaire».

18h55 : Les réformes, toujours
«La crise appelle à accélérer le rythme des réformes non à le ralentir». Du Monsieur le président de la République pur jus.

18h56 : Une série de mesures économiques
La crise doit accélérer les réformes: «C’est la raison pour laquelle, j’ai pris la décision de créer le RSA, d’augmenter le minimum vieillesse, les pensions de reversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux, dont le pouvoir d’achat n’est pas garanti contrairement aux allocations familiales et aux retraites, d’accorder une prime exceptionnelle pour compenser le retard sur l’évolution réelle des prix.»

18h57 : 30.600 fonctionnaires en moins
«L’année prochaine c’est un total sans précédent de 30 600 emplois qui seront supprimés dans la fonction publique. La révision générale des politiques publiques continuera à produire ses effets. La réforme de l’hôpital permettra d’améliorer l’accès aux soins et leur qualité tout en supprimant des dépenses inutiles».

19h01 : Des collectivités locales en moins?
«Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l’enchevêtrement des compétences est une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires»

19h02 : RSA, service après-vente
Monsieur le président de la République défend son choix de taxer «légèrement» le capital pour financer le RSA: «C’est une décision juste et raisonnable. Elle ne remet pas en cause l’objectif de baisse globale des prélèvements, puisque les diminutions d’impôts et de charges décidées depuis 15 mois l’emportent de plus de 10 milliards sur les hausses.»

19h04 : Petite leçon de Monsieur le président de la République en milieu économique
«Opposer l’effort du travailleur à l’argent facile de la spéculation, opposer l’engagement de l’entrepreneur qui risque tout dans son entreprise à l’anonymat des marchés financiers, opposer un capitalisme de production à un capitalisme de court terme, accorder une priorité à l’industrie au moment où l’étau de la finance se desserre».

19h05 : Le principe «pollueur-payeur»
Monsieur le président de la République fait plaisir à Borloo: «S’il faut moins taxer l’investissement, moins taxer le travail, moins pénaliser l’effort et la réussite, moins taxer les produits propres, il faut en revanche davantage taxer la pollution.»

19h07 : Le bonus-malus étendu à d'autres produits
C'est gagné pour Borloo, son bonus-malus sera étendu: «Je crois que le système du bonus-malus est un bon système. Ce système extrêmement incitatif du bonus-malus qui permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation sera étendu à d’autres produits. Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement. Mais elle se fera.»

19h08 : La croissance verte
«Je crois à la croissance durable», explique Monsieur le président de la République qui explique ce que ça veut dire: «la multiplication par 4 de nos capacités de transports en commun en sites propres, la construction de 2000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires, les autoroutes ferroviaires, les autoroutes maritimes, un milliard d’euros dans la recherche en matière de développement durable à l’horizon 2012, la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d’économie d’énergie».

19h11 : Laurent Wauquiez pressé d'accélérer le rythme
Le ministre de l'Emploi va devoir faire vite sur le front de la formation pro: «Cette réforme de la formation professionnelle qui fait l’objet d’une négociation entre les partenaires sociaux, je veux qu’elle soit ambitieuse et surtout qu’elle soit rapidement mise en œuvre. Le diagnostic est connu de tous. Je veux que des décisions soient prises avant la fin de l’année.»

19h13 : Après le déluge, Monsieur le président de la République promet des lendemains prospères
«J’ai confiance dans notre capacité à refonder le capitalisme. Quand la situation économique mondiale redeviendra meilleure — et elle redeviendra meilleure ! — nous en verrons tous les fruits sur l’équilibre de nos finances, sur l’emploi, sur le pouvoir d’achat et sur le bien-être de chacun.»

Et c'est fini. La Marseillaise retentit.

Culture en danger_Appel à soutien

Pumpernickel  a réçu un appel au secours d'une amie de la famille. Et pas question de laisser tomber ! Au moment où les menaces les plus graves et les plus inquiétantes pèsent sur tout ce qui ne ressemble pas aux amis du pouvoir, nous avons le devoir de ne pas nous laisser faire, et de le dire haut et fort !

Le jour où ils ont dégonflé les pneus des 4x4, je n'ai rien dit, car je n'avais pas de 4x4 !


Appel à soutien

Bonjour,

Je me permets de vous envoyer ce courriel, car il me semble important, d'une part que l'affaire soit connue du plus grand nombre, et d'autre part, qu'un maximum de personnes, professionnels du spectacle ou non, apportent leur soutien aux « scènes découvertes de Lyon » (une dizaine de petites structures). Toutes les subventions dont ces petites structures bénéficient depuis 7 ans afin d'accueillir de jeunes compagnies avec leurs projets théâtraux, musicaux, chorégraphiques etc., vont leur être enlevées.

Sortant de l'école de la Comédie de Saint Etienne en juin prochain, j'ai bien conscience que c'est là, et pas dans des CDN (Centres dramatiques nationaux) ou les Scènes nationales que nos projets seront dans un premier temps accueillis ! Il me semble logique, que si l'Etat subventionne les formations théâtrales [ en Rhône-Alpes : ENSATT (à Lyon), Ecole supérieure de la Comédie de Saint Etienne, Conservatoire de Lyon ], il faut en conséquence qu'il veille à promouvoir et à subventionner les lieux qui pourront nous faire vivre !

Alors si vous avez un peu de temps, lisez le communiqué ci-dessous, et apportez votre soutien, par un courriel à l'Espace 44 (un des lieux lyonnais (contact@espace44.com), ou rejoignez le groupe "Ne laissons pas mourir les Scènes Découvertes à Lyon" sur facebook.

Bises,

Léopoldine Hummel



COMMUNIQUE

Ne laissez pas mourir le dispositif Scènes Découvertes !

Quelques nouvelles :
Nous remercions vivement toutes les personnes qui nous apportent leur soutien. Voici quelques nouvelles.

Des aspects positifs :

La Ville de Lyon apporte son soutien officiel aux Scènes Découvertes.

Un premier acompte de 20 000 € sera voté en février pour les Scènes Découvertes.
Mr Képénékian, Adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, a déclaré dans le Progrès du 22 janvier 09 :
« Les Scènes Découvertes sont un élément clé de notre dispositif. Ce sont des lieux qui entretiennent le mouvement de création, qui permettent aux jeunes compagnies de faire leurs armes. »
Sa conclusion : « Un retrait de l’Etat serait une catastrophe pour notre ville et sa créativité »

Nous avons reçu à ce jour des centaines de mails de soutien du public mais aussi de professionnels, de structures et d’institutions culturelles appartenant pour certaines au Groupe des 20, d’une Scène Nationale, de compagnies indépendantes, du Syndicat Interprofessionnel et d’élèves de l’ENSATT, de l’école de la Comédie de Saint-Etienne et du Conservatoire de LYON (ceux–ci ont lancé un appel à soutien sur Facebook – plus de 300 personnes ont déjà répondu).

Nous lançons un appel à Monsieur Lombard, nouveau Directeur de la DRAC, pour qu’en dehors de toute polémique, nous nous réunissions rapidement pour analyser les excellents résultats de nos trois dernières saisons

66 267 spectateurs / 137 créations
2129 représentations / 521 630 € de recettes

ainsi que pour assurer la pérennité des Scènes Découvertes.

Mis en place il y a sept ans par Mr Patrice Béghain (ville de Lyon) et Mr Abraham Bengio, reconduit par Mr Richard Lagrange et Mr Jérôme Bouet (directeurs de la DRAC) au vu de ses bons résultats, le dispositif « Scène Découvertes » est en train de prendre une nouvelle dimension grâce aux passerelles établies avec d’autres structures de la région Rhône-Alpes.

L’arrêter maintenant ruinerait sept années d’investissement tant humain que financier. Les moyens mis en œuvre conjointement par la DRAC et la Ville de Lyon pendant sept ans l’auraient été en pure perte.

Pourquoi détruire un dispositif qui fonctionne ?
Pourquoi condamner à la fermeture quatre théâtres, qui font partie du paysage culturel et social lyonnais depuis plus de vingt ans ?

Nous travaillons avec des établissements scolaires, des centres sociaux, des écoles de théâtre, de musique et 75 compagnies accueillies par saison.

Nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux publics dans une démarche citoyenne tant avec nos partenaires de tutelle, nous travaillons avec Culture du cœur, Culture à l’hôpital, le parcours culturel « spectateurs sourds », Pass Culture de la Ville de Lyon, Carte MRA Région Rhône Alpes qu’au travers de partenariats avec le monde des entreprises.

Nous attirons de plus en plus de « diffuseurs » qui après le passage dans nos lieux peuvent acheter les spectacles pour leur propre saison (à titre d’exemple en 2007-2008 une trentaine de représentations repérées dans des lieux culturels en Rhône Alpes après leur passage aux Scènes Découvertes).

Si nous disparaissons, qu’adviendra-t-il de tous ces partenaires ?
Qu’adviendra-t-il de notre public qui apprécie et recherche un théâtre de proximité dans des lieux chaleureux, intimistes, et qui en permanence nourrissent et fertilisent « l’acte créatif » par la mise en route de nombreuses aventures artistiques qui associent régulièrement théâtre, chant, musique, vidéo, arts plastiques, danse etc.

Merci de diffuser largement ce communiqué.

Fait à Lyon le 22 janvier 2009 –

Espace 44 - 04 78 39 79 71 – contact@espace44.com

Clochards Célestes - 04 78 28 34 43 - lesclochardscelestes@wanadoo.fr

L’Elysée - 04 78 58  88 25 - theatre@lelysee.com

Le Théâtre des Marronniers - 04 78 37 98 17 – infos@theatre-des-marronniers.com

“ La faisabilité politique de l'ajustement ”

Quelques extraits commentés de : La faisabilité politique de l'ajustement, de Christian Morrisson, "Cahier de politique économique n°13" du Centre de Développement de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), 94 Rue Chardon-Lagache, 75016, Paris, tel 0145248200

Vous pouvez télécharger ce document qui date de 1996. Ainsi comprendrez-vous mieux les différentes étapes de la privatisation des services publics, du démantèlement de l’Education nationale, de la vente à la découpe du patrimoine industriel public, de l’entrisme des libéralistes dans tous les rouages de l’Etat, etc.

Merci à "Gromit" [ gromitchiensympa@gmail.com ] de cet envoi qui l'a déniché sur le site de Daniel Calin
que vous êtes invités à aller visiter !

Quelques conseils des ECONOMISTES de l'OCDE aux POLITIQUES pour casser la résistance sociale à la marchandisation des services publics. Qui nous manipule ?
Comment allons-nous être mangés ?

Profiter de la situation
- "Si un gouvernement arrive au pouvoir au moment où les déséquilibres macro-économiques se développent, il bénéficie d'une courte période d'ouverture (4 à 6 mois) pendant laquelle l'opinion publique le soutient et il peut rejeter sur ses prédécesseurs l'impopularité de l'ajustement. Grâce à ce soutien, les corporatismes sont temporairement affaiblis et il peut dresser l'opinion contre ses adversaires. Après ce délai de grâce, c'est fini." (Page 24)

Diviser l'opinion publique
- "(Un gouvernement) doit se ménager le soutien d'une partie de l'opinion, au besoin en pénalisant davantage certains groupes. En ce sens, un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes serait plus difficile à appliquer qu'un programme discriminatoire, faisant supporter l'ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu'ils soutiennent le gouvernement". (Page 17)

- " La plupart de ces réformes (structurelles) frappent certains groupes tout en bénéficiant à d'autres, de telle sorte qu'un gouvernement peut toujours s'appuyer sur la coalition des groupes gagnants contre les perdants". (page 18)

Casser les résistances, les corporatismes et les syndicats
- "L'autre obstacle tient au corporatisme, plus il existe de groupes d'intérêt puissants et bien organisés, plus la marge de manœuvre du gouvernement est réduite". (…) toute politique qui affaiblirait ces corporatismes serait souhaitable. (…) cette politique soulèvera des résistances, mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce combat dans une conjoncture économique satisfaisante, qu'en cas de crise, lorsqu'il est affaibli. (Elle) peut prendre plusieurs formes : garantie d'un service minimum, formation d'un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes, lorsque cela est possible". (Page 23)

- "Un gouvernement qui veut accroître ses marges de manœuvres et rendre plus flexible une société, aurait intérêt à affaiblir d'abord tous les corporatismes ». (Page 24)

- "La grève des enseignants n'est pas (…) une gène pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, puisqu'elle libère la jeunesse pour manifester. Ces grèves peuvent donc devenir des épreuves de force difficiles à gérer". (Page 29) "Les grèves comportent un inconvénient sérieux, celui de favoriser les manifestations. Par définition, les grévistes ont le temps de manifester. Surtout les enseignants du secondaire et du supérieur (qui) libèrent une masse incontrôlable de lycéens et d'étudiants pour les manifestations, un phénomène très dangereux". (Page 26)

-"On peut supprimer des primes dans certaines administrations en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. (Page 30) "Evidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l'ordre dans une conjoncture politique difficile où l'on peut en avoir besoin". (Page 30)

Désinformer par la maîtrise des médias
- "On observe, avec un décalage de 3 à 6 mois, un lien étroit entre l'annonce des mesures de stabilisation et les troubles, les grèves ou les manifestations. Ce décalage est intéressant, car il prouve que (…) les réactions politiques ont lieu au moment de l'application des mesures plutôt qu'à leur annonce. (…) la plupart des personnes concernées ne sont pas capables d'avoir une idée claire des conséquences de ce programme pour elles, ou pensent qu'il touche surtout les autres". (Pages 10-11)

- "Cela suppose une bonne stratégie de communication, (qui est) une arme importante dans le combat politique. Il faut, dès l'arrivée au pouvoir insister, voire en exagérant, sur la gravité des déséquilibres, souligner la responsabilité des prédécesseurs et le rôle des facteurs exogènes défavorables, au lieu de tenir un discours optimiste". (Page 25) "Seule importe l'image que donne le gouvernement et non la portée réelle de ses interventions". (Page 28) "Il faut ajouter des campagnes dans les medias, voire des actions spectaculaires, pour obtenir le soutien de la population et faire contrepoids à l'opposition". (Page 31)

Manipuler
- "Le gouvernement (…)  peut, par exemple, expliquer que, le FMI (Fonds Monétaire International) imposant une baisse de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires et qu'il préfère la seconde solution dans l'intérêt de tous". (Page 29) "Rien n'est plus dangereux politiquement que de prendre des mesures globales pour résoudre un problème macro-économique. Par exemple, si l'on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre, et même les augmenter dans un secteur clé politiquement. Si l'on diminue les subventions, il faut couper celles de tels produits mais maintenir en totalité celles pour d'autres produits. Le souci du détail ne connaît pas de limite : si les ménages pauvres consomment seulement du sucre en poudre, on peut augmenter le prix du sucre en morceaux pourvu que l'on garde la subvention au sucre en poudre". (Page 31)

Tromper
- "(Un gouvernement) ne peut plus faire, en principe, de concession dès lors qu'il a pris des engagements envers le FMI (Fonds Monétaire International) pour bénéficier de son concours. D'ailleurs, une telle décision peut rendre service à un gouvernement car celui-ci peut ensuite répondre aux opposants que l'accord réalisé avec le FMI s'impose à lui, qu'il le veuille ou non". (Page 22)

- "Comme on le voit, pourvu qu'il fasse des concessions stratégiques, un gouvernement peut, en procédant de manière graduelle et par mesures sectorielles (et non globales), réduire les charges salariales de manière considérable. L'essentiel est d'éviter un mouvement de grève générale dans le secteur public qui remettrait en question un objectif essentiel du programme de stabilisation". (Page 30)

- "Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement et l'école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l'établissement voisin, de telle sorte que l'on évite un mécontentement général de la population". (Page 30)

- "Enfin, il est souhaitable, dans un premier temps, d'exclure de la réforme les secteurs stratégiques comme l'énergie ou les transports, quitte à prendre des mesures plus tard, dans une conjoncture politique et économique meilleure". (Page 33)

- "Comme la conjoncture économique évolue, tandis que l'état de l'opinion et la situation politique changent de semaine en semaine, la stratégie la plus efficace est celle du pragmatisme, alors que l'application rigoureuse d'un programme point par point est politiquement risquée. Si la poursuite des objectifs de l'ajustement doit être maintenu à tous prix, en revanche, le choix des moyens doit rester ouvert en permanence". (Page 36)

Déstructurer les institutions et la constitution

- "La première précaution à prendre est d'éviter une politique laxiste en période de prospérité, car celle-ci crée des droits qu'il est difficile ensuite de remettre en question". (Page 30) "Les salaires nominaux peuvent être bloqués, on peut ne pas remplacer une partie des salariés qui partent à la retraite". (Page 29)

- "Des réformes comme celles sur la longueur des mandats, le mode de soutien, le référendum ou le droit de grève, peuvent faciliter l'ajustement". (Page 34)

- "Il importe donc que les mandats durent au moins 5 ans, étant entendu que le nouveau gouvernement utilise les premiers mois – la période où la résistance au statut quo est la plus faible – pour prendre les mesures impopulaires". (Page 34)

Nous pouvons résister puisqu'ils le disent!!!
- "La réforme la plus souvent nécessaire et la plus dangereuse est celle des entreprises publiques, qu'il s'agisse de les réorganiser ou de les privatiser. Cette réforme est très difficile parce que les salariés de ce secteur sont souvent bien organisés et contrôlent des domaines stratégiques". (Page 33)

- "Plus un pays a développé un large secteur parapublic, plus cette réforme sera difficile à mettre en œuvre, le cas limite étant celui des économies socialistes où les dangers sont les plus grands". (Page 33)

Education, santé, transport, culture, recherche, énergie et PRIVÉ … On nous prend pour des crétins, mais aime-t-on ça ?

25/01/2009

25/01/09_9:42_France-Culture_union rationaliste_Tarnac

Je vous livre la retrancription d'une émission encore disponible une semaine sur  France Culture. Ce matin, l'union rationaliste se penchait sur “l’affaire Tarnac”, et donne un éclairage qui en dit un peu plus sur les motivations de celles et ceux qui ont pris la responsabilité de procéder à des arrestations qui continuent d'interroger ceux qui sont épris de liberté, d'égalité et de fraternité.

Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature, invitée de l’union rationaliste sur France Culture pour aborder l’affaire de Tarnac, parle de l'affaire de Tarnac ou de l'instrumentalisation du terme de terrorisme dans le discours politique.

Rappel des faits par l'animateur : il y a une vingtaine d’années, un groupe de jeunes gens d’extrême-gauche fonde un mouvement “Tiqqun” qui signifie en hébreu rédemption, réparation, et publie autour d’Eric Hazan une revue qui prend le nom de “comité invisible” et certains des membres s’installent à Tarnac où ils ouvrent un magasin général (épicerie, bar & restaurant). Tout cela ne pose aucun problème jusqu’à ce que Monsieur A. Bauer, conseiller de Monsieur le président de la République française [ clic sur le lien pour en savoir un peu plus sur le personnage ] , et présenté comme un criminologue, achète quelques exemplaires de “l’insurrection qui vient”. Il alerte la SDAT, sous direction anti-terroriste, en mettant en rapport la communauté de Tarnac qui fait l’objet d’une surveillance rapprochée et des actes de malveillance touchant des lignes de la SNCF. Sous la plume du SDAT, le “comité invisible” devient la “cellule invisible”. Et ce groupe de jeunes gens anti-consuméristes adeptes du philosophe Giorgio Agambene, devient un groupe de terroristes. Or terroriste renvoie à des réalités diverses et sensiblement différentes : terrorisme individuel, terrorisme de groupes minoritaires, terrorisme de résistance à une occupation, terrorisme appuyé sur une base nationaliste forte, terrorisme d’état, etc. Sans oublier l’usage qui prévaut maintenant dans le cadre de la politique sécuritaire qui à force de galvaudage aboutit à des glissements sémantiques qui sont abordés aujourd’hui au travers de cette affaire Tarnac et de son instrumentalisation politique.
Que s’est-il passé dans cette arrestation du point de vue du droit ?
L’incarcération de Julien Coupat et d’Yldelune Lévy ainsi que celle d’autres membres de leur communauté à la mi-novembre sans preuve connue, cette incarcération prolongée en détention provisoire, ce classement de DPS (détenu particulièrement surveillé) sont-ils des dysfonctionnement de la justice ?
Cette affaire n’est-elle pas influencée par la circulaire du 13 juin 2008 qui demande au Parquet d’accorder une attention particulière à tout ce qui a trait à “la mouvance anarcho-autonome” ?


Réponse d’Emmanuelle Perreux : On est dans le cadre d’une instruction judiciaire, la justice doit déterminer s’il y a des coupables, la détention provisoire n’est pas une preuve de culpabilité, nous sommes sous le régime de la présomption d’innocence. La qualification de “terrorisme” appliquée à un acte de dégradation grave du réseau SNCF doit être en revanche débattue. On aurait très bien pu, au regard du droit, qualifier cet acte de “dégradation grave” voire commis en “bande organisée” ce qui es déjà un délit extrêmement grave au sens où l’entend le code pénal. Cette qualification de “terrorisme” vient s’ajouter et nous nous interrogeons sur les raisons de cet ajout. Quelques mois avant cette arrestation de novembre, le ministère a transmis cette circulaire dont vous parlez. Ces groupes sont bien connus, tout comme notre histoire politique et celle des pays qui nous environnent mais “la mouvance anarcho-autonome”, c’était une nouveauté en tant que mouvement politique et positionnement politique. Notion fourre-tout servant à qualifier n’importe quel groupe qui ne se retrouve pas dans un parti politique institutionnel, dans aucune organisation syndicale ou aucune association militante ? L’affaire “Tarnac” est alors illustrative d’une certaine dérive puisque l’on qualifie immédiatement ces jeunes soupçonnés d’avoir commis des dégradations d’être dans cette “mouvance anarcho-autonome”. Sur quelles bases, on le verra… Pour l’instant, tenons-nous en au respect du secret d’une instruction en cours, mais en prenant en compte ce qui est paru dans la presse, c’est basé sur un mode de vie, sur la participation à des manifestations dont il n’est pas inutile de préciser quelles étaient légales, bref, une certaine dérive de la liberté de pensée, de la liberté de penser, de manifester ou de s’opposer.

Question de l’animateur : mais qu’est-ce que le terrorisme en droit français ?

Réponse d’Emmanuelle Perreux :
C’est un acte, une infraction, qui trouble gravement l’ordre public, par la terreur, on pense à une bombe dans un supermarché et qu’il y a des centaines de blessés et de morts, mais aussi, il y a l’intimidation ! Et qu’est-ce que veut dire l’intimidation ? Récemment, un juge antiterroriste, Monsieur G. Thiel, a donné une interview dans un journal national, dans laquelle il s’inquiétait de la qualification très large du terrorisme au travers de ce mot d’intimidation et il citait l’exemple de ces ouvriers qui avaient menacé de déverser de l’acide dans une rivière pour protester contre une mesure de délocalisation dont ils étaient victimes. Ça aurait pu être classé comme un acte de terrorisme ! On voit que dans cette volonté de retenir la qualification terroriste, il y a avant tout, au départ, une volonté politique. Dans “l’affaire Tarnac”, en tant que citoyens, que défenseurs des libertés individuelles, on doit se demander s’il n’y a pas derrière ce recours à la qualification de terrorisme une volonté d’attiser la peur de nos concitoyens pour mieux nous faire craindre une menace terroriste et mieux nous faire accepter une certain n ombre de restrictions à nos libertés individuelles au nom du principe du droit à la sécurité et au nom du principe de précaution.

Intervention de l’animateur : si on peut penser la lutte contre le terrorisme parfaitement légitime, on peut aussi légitimement penser qu’elle se fait efficacement par l’intermédiaire de réseaux secrets qui en ont la responsabilité et qui ne donnent pas la publicité que l’on a donnée à cette affaire…

Réponse d’Emmanuelle Perreux : Il est effectivement nécessaire que les pays se dotent d’un arsenal de lutte contre le terrorisme. Et cela doit se faire sans banaliser le terrorisme. On ne doit pas pénaliser le mouvement social sous couvert de lutte contre le terrorisme. A partir du moment où des gens se réunissent pour contester ensemble des dispositifs gouvernementaux, des politiques publiques, ou des phénomènes sociaux avec lesquels ils ne sont pas d’accord, on pourrait très vite dériver sur une infraction de type terroriste. Il faut alerter nos concitoyens sur ces risques de dérive pour que le débat existe. Les citoyens doivent s’approprier les débats qui ne sont exclusivement théoriques, juridiques, parce qu’ils engagent la société vers l’avenir qu’elle se construit. Voulons-nous au nom du tout sécuritaire, au nom d’une protection intégrale, illusoire [ quel état, à part paradoxalement certaines dictatures mais alors à quel prix, garantit totalement la sécurité de ses citoyens ? ] ? Dans nos démocraties, il faut accepter un certain risque pour garantir ce qui est fondamental pour nous, ce sont nos libertés, sociales, individuelles et publiques.

Intervention de l’animateur : rappelons-nous, il y a deux ans à peu près, ce jeune homme qui avait lancé un parpaing du haut d’une galerie de la gare Saint-Lazare. On aurait pu le qualifier de terroriste ! Et ça n’a pas été fait.

Réponse d’Emmanuelle Perreux : Il faut tout de même que le trouble à l’ordre public soit grave. N’oublions pas cette notion de gravité du trouble à l’ordre public. Ça suppose une action concertée, mais cela veut dire aussi que tout groupe qui se réunit pour mener une action concertée susceptible de troubler l’ordre public est concerné. Combien de manifestations d’agriculteurs, dont on a vu les images “choc” ? Aura-t-on la tentation de recourir à des qualifications très dissuasives pour empêcher ce type de manifestation ? Bloquer complètement la circulation comme le font les conducteurs de poids-lourds, est-ce un trouble grave à l’ordre public ? Action concertée, action d’intimidation, pays bloqué !

Intervention de l’animateur : Julien Coupat n’a pas été libéré en même temps que les autres. Yldune Lévy non plus. Le Parquet a déposé un “référé détention”. De quoi s’agit-il ?

Réponse d’Emmanuelle Perreux : Le “référé détention” est une nouveauté qui date de septembre 2002. Il fait partie du mille-feuilles législatif qui s’est constitué des dernières années qui restreint le champ des libertés publiques au nom du principe de précaution et de la sécurité de nos concitoyens. Le “référé détention” est une arme entre les mains du Parquet qui est de plus en plus utilisée. Le principe de la liberté ne s’applique pas de lui-même, il faut que le Parquet soit d’accord ! Cet arsenal juridique coercitif qui prote atteinte au grand principe du droit et de la justice, depuis la révolution française, basé sur des principes humanistes de liberté individuelle, sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et sur le principe que l’homme est responsable de ses actes et qu’il en répond devant la justice. Aujourd’hui on constate au travers des lois votées ces dernières années que l’on remet en cause ces principes fondamentaux qui guidaient notre fonctionnement au sein de la société. Au nom du principe de précaution, on institue des lois dérogatoires comme la rétention de sûreté [ on maintient en détention, dans des sortes de pourrissoirs, pour une durée indéterminée, des gens qui certes ont commis des crimes, mais qui ont payé pour ces crimes en effectuant leur peine, mais que l’on pense susceptibles de commettre à nouveau un crime ] qui bouleverse les principes fondateurs de notre démocratie, de notre état de droit, qui mettait la liberté comme le premier principe à défendre. Aujourd’hui, au nom de la sécurité, on accepte de restreindre la liberté. Intervention de l’animateur : donc, nous avons le choix entre une sécurité qui nous prive de notre liberté, et une liberté qui doit accepter une part de non-sécurité ?

Réponse d’Emmanuelle Perreux :
Exactement !

Interrogée ensuite à dire si elle était rationaliste, Emmanuelle Perreux déclare que si être rationaliste c’est croire à la circulation de la parole, à l’échange, à la possibilité par la parole de convaincre l’autre. Alors, elle est rationaliste. Une raison qui doit l’emporter sur l’émotionnel, qui, sans être refoulé, doit être remis à sa place.

 
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