11.10.2008
Westercamp : “Je crois que cela bat tous les records !”
Chère lectrice, cher lecteur du blog, tu trouveras ci-dessous la copie d'un article trouvé dans le bulletin d'information du centre universitaire d'enseignement du journalisme de Strasbourg. Écrit à l'occasion de la réouverture du musée historique de Strasbourg, on y retrouve la signature de l'invité de l'édition si particulière du “lire en fête”wissembourgeois, placé sous la patronage de la base aérienne de Drachenbronn comme le précise le site officiel.
MCS info du 22 mai 2007 ou “Pourquoi ne pas se réjouir de la réuuverture d'un musée ?”
http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?cPath=3&artic...
Le passé recomposé
Le musée historique ouvre ses portes le 30 juin prochain. Vingt ans après sa fermeture, le lieu s'est métamorphosé.
Octobre 1987. Près de 70 ans après sa naissance, le musée historique de Strasbourg ferme “provisoirement” ses portes pour retrouver une nouvelle jeunesse. Objectif : réorganiser la collection en intégrant de nouveaux objets, en changeant la disposition des salles et en restaurant certaines pièces. Toutes ces tâches ne devaient prendre que quatre ans…
Les premiers travaux commencent avec une surprise : les pilotis en bois sur lesquels repose le bâtiment sont sur le point de s’effondrer. L’ancienne grande boucherie, construite en 1587 et classée au patrimoine de l’Unesco, doit faire l’objet de travaux conséquents. Ceux-ci dureront vingt ans. C’est toute une génération de Strasbourgeois qui sera privée de l’accès à l’histoire de la ville, du Moyen-âge au XVIIIe siècle.
“Je crois que cela bat tous les records”, ironise Bernard Vogler, président des Amis du Vieux Strasbourg. “Peu de villes peuvent s'enorgueillir d'un musée resté fermé aussi longtemps”. Alors, la faute à qui ?
A un ensemble de circonstances défavorables. Sur le terrain, les travaux de rénovation des fondations se sont révélés beaucoup plus compliqués que prévu. Et les financements tardaient. “Dans les années 1990, la municipalité socialiste a concentré ses efforts sur le Musée d’art moderne et contemporain. Les fonds consacrés à la culture n’étant pas extensibles, cela s’est répercuté sur le musée historique, dont les travaux étaient particulièrement lourds”, explique Fabrice Hergott, ancien conservateur des musées de Strasbourg entre 2000 et 2007.
Georges Foessel, ancien conservateur des archives municipales détaille d'intérieur du Musée tel qu'il était avant 1987 : au rez-de-chaussée, la grande salle était destinée à l’artillerie avec de nombreux canons, armures et armes de toute époque. Au premier étage, la résistance alsacienne et l'histoire des malgré-nous étaient à l'honneur. Une galerie d’uniformes strasbourgeois composait également le Musée. La famille et l’origine sociale du propriétaire étaient mentionnées pour chaque tenue.
Passé militaire et patriotique
“Après la Première Guerre mondiale, le Musée historique de la ville ressemblait plutôt à un musée militaire à la gloire de Strasbourg, ville française”, explique Georges Fossel. Même situation après 1945. “Ce musée était le moyen d’affirmer le patriotisme français, surtout après la Seconde Guerre mondiale et l’annexion allemande”, confirme Bernard Vogler.
Cet état d’esprit s’est peu à peu estompé au cours du temps. Mais les pièces, elles, entretenaient cette façon d’aborder l’histoire de la ville au travers du seul domaine militaire.
Ce n’est qu’au début des années 2000 que le musée a voulu diversifier sa collection. “Il a fallu faire tout un travail d’inventaire pour savoir précisément ce que possédait le musée”, indique Fabrice Hergott. C’est ainsi que de nombreuses pièces de la vie quotidienne ont été retrouvées et intégrées à la collection. Désormais, des témoignages de l’histoire économique, sociale et culturelle de la ville occupent une place équivalente à celle de l’histoire militaire dans la nouvelle version du Musée historique. Meubles, textiles et céramiques comptent désormais parmi les 200 000 pièces de la collection.
Le 30 juin prochain, le passé de Strasbourg sera de nouveau accessible. Mais il faudra attendre 2009, date de la fin de la seconde tranche de travaux, pour pouvoir se pencher sur l’histoire contemporaine de la ville (XIXe-XXe siècles).
Eloïse Bruzat
Pierre Demoux
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Et maintenant, l'article revu et corrigé pour le mettre “couleur locale”, c'est-à-dire en rapport avec ce que vous avez pu lire dans le musée Westercamp : quelle affaire ! publié il y a quelques jours qui ne semble du reste inspirer personne, comme c'est curieux !
Le passé décomposé
Les portes du musée Westercamp, fermé depuis le 1er novembre 2002, sont toujours closes. Six ans après sa fermeture, le lieu n’est prêt de se métamorphoser.
Novembre 2002. Près d’un siècle après sa naissance, le musée Westercamp de Wissembourg ferme “provisoirement” ses portes pour retrouver une nouvelle jeunesse. Objectif : réorganiser la collection en intégrant de nouveaux objets, en changeant la disposition des salles et en restaurant certaines pièces. Toutes ces tâches ne devaient prendre que quelques années…
Les premiers travaux ne commencèrent même par s’éterniser : rien ne s’y fit ou si peu, on ne vit pas grand-chose de l’extérieur, mais le bâtiment s'est dégradé à un point tel tel qu’il est possible à la nouvelle municipalité élue en 2008 de dire qu’il est sur le point de s’effondrer. L’ancienne demeure, construite entre 1535 et 1599 et qui mériterait presque d’être classée au patrimoine de l’Unesco, doit faire maintenant l’objet de travaux très importants. Ceux-ci dureront vingt ans au moins [ commenceront-il même un jour ?], privant ainsi toute une génération de Wissembourgeois de l’accès à l’histoire de la ville, du Moyen-âge au XIXe siècle.
“Je crois que cela risque de battre le record du musée historique de Strasbourg”, aurait pu ironiser Bernard Vogler, président des Amis du Vieux Strasbourg, en visite à Wissembourg pour une présence à une édition de “Lire en fête” placée sous le patronage intellectuel de la base aérienne de Drachenbronn ( !). “Peu de villes peuvent s'enorgueillir d'un musée resté fermé aussi longtemps”, aurait-il pu poursuivre d’un air mi-badin mi-agacé. Alors, la faute à qui ?
A un ensemble de circonstances défavorables ? Sur le terrain, les travaux de rénovation n’ayant pas commencé, et l’intervention des “hommes de l’art” s’étant limitée à une sorte d’inventaire dont personne n’a encore le commencement de l’ombre, les responsables d’alors semblaient avoir d’autres chats à fouetter. Et il se dit que “les financements tardaient”. “Dans les années 1990, la municipalité de droite extrême-dure a concentré ses efforts sur la traversée du village, puis sur son accès [ ex-allée des ex-Peupliers ]. Les fonds d’une culture réduite à quelques manifestations folkloriques ou au soutien au Relais culturel sont toujours restés marginaux. Cela s’est répercuté sur le musée Westercamp, dont l’adjointe désignée ne paraissait plus se soucier”, explique R. S., écarté de ses responsabilités au moment où l’on commet le forfait.
Bien au fait, il détaille l'intérieur du Musée, fondé en 1913, tel qu'il était avant 2002 : réparti en plusieurs bâtiments, avec des collections enrichies au fil des années par des dons, des legs et des achats divers, telle la collection de lithographies wissembourgoises Wentzel [voir note en bas de page] et successeurs en 1991 et comportant 600 pièces. On y trouvait un large champ juxtaposant archéologie et histoire, sciences de la nature, beaux arts, technique et industrie régionales, armes et armures, etc., ainsi qu’une somptueuse collection de mobilier régional d’époque Renaissance.
“Ce musée était le moyen d’affirmer la vivacité du sentiment historique local”, aurait pu confirmer Bernard Vogler.
Cet état d’esprit s’est peu à peu estompé au cours du temps. Mais les pièces, elles, entretenaient cette façon d’aborder l’histoire de la ville au travers d’un témoin irremplaçable de la vie de la cité.
Ce n’est qu’au début des années 1990 que quelques individualités ont voulu diversifier la collection du musée et aménager sa vie sans trahir les termes du legs qui stipule qu’il est mis à la disposition des habitants de Wissembourg, qui en sont en quelque sorte propriétaires. “Tout un travail d’inventaire a été fait à l’époque pour savoir précisément ce que possédait le musée”, indique B. W., excellent connaisseur de la question en sa qualité de mémorialiste de l’histoire locale. C’est ainsi que de nombreuses pièces de la vie quotidienne ont été retrouvées et intégrées à la collection. Des témoignages de l’histoire économique, sociale et culturelle de la ville pourraient occuper une place équivalente à celle de l’histoire militaire dans la nouvelle version du Musée historique, qui intègre une salle d’armes consacrée à la guerre de 1870.
On ignore à l’heure actuelle quand le passé de Wissembourg sera de nouveau accessible tant aux autochtones qu’aux nombreux touristes de passage qui n’en finissent pas, depuis ces presque 6 années de fermeture de solliciter les habitants du voisinage sur les horaires d’ouverture du Musée.
Texte revu par Pumpernickel
[ Pumpernickel nourrit pour Wentzel une affection toute particulière puisque c’est un ami de la famille, René Ackermann qui a relancé l’affaire et a édité son propre journal, le “ Weissenburger Zeitung ” devenu au lendemain de la guerre 14-18 “ journal de Wissembourg ”. Les choses ont ensuite changé en 1955 quand l’imprimerie fut acquise par Charles Muller et transformée en société anonyme qui a cessé ses activités après bien des vicissitudes au début 2007. ]
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