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15/09/2008

blues à la sous-préfecture

Après le tribunal, la sous-préfecture ? " affecte de s’interroger le porte-plume de la P2R dans son article de samedi dernier. Et de donner la parole à ces élus qui ne sont pas surpris (ça, c’est le député, qui n’est jamais surpris, on l’aura remarqué, quel que soit le sujet, il était au courant, il le savait déjà, on ne lui apprend rien, et d'ailleurs il a déjà pris des mesures, sauf quand il s'agit d'anticiper des fermetures d'usines, mais là, il n'y peut rien, il fait ce qu'il peut, c'est-à-dire pas grand-chose) ou qui épousent la posture du pragmatisme de bon aloi en nous serinant " le développement des territoires ou le rôle d’animateur " qui serait dévolu au représentant du gouvernement (car on oublie un peu que le préfet, ou le sous-préfet, nommé en conseil des ministres, est la voix, les yeux et les oreilles de ceux qui l’ont mis là, qui n’ont pas toujours à voir avec l’Etat et l’idée que nous sommes nombreux à nous en faire, quelles que soient nos étiquettes partisanes). Il est d’ailleurs surprenant de constater le compagnonnage de fait entre une droite qui exhibe sa " décomplexation " et une " gauche locale ", encore à l’état de chrysalide politique, qui hésite à reprendre mot pour mot les " argumentations " de ceux qu’elle a déboulonnés. Que de dossiers va-t-elle faire avancer en provoquant la synergie des forces vives !

[ En passant, on fera remarquer qu’en soi 115 sous-préfectures, ça ne veut rien dire. Certes, dans son édition du vendredi 12 septembre 2008, l’organe du PPA parle de " 245 sous-préfectures de seconde catégorie ". Plus simplement, il faut comprendre qu’il y a en France 245 sous-préfectures, ce qui veut dire que le gouvernement veut en fermer pas moins qu’une sur deux. Cela ressemble au non-remplacement des fonctionnaires partant en retraite et qui ne sont remplacés qu’à raison d’un sur deux. ]

Que d’approximations dans les propos des uns et des autres repris complaisamment par un " journaliste " d’une grande rigueur.

Ainsi n’est-il pas curieux de lire que tout ce petit monde croit encore que les sous-préfets ont un pouvoir de contrôle sur les décisions de ces " zélus de terrain " qui n’ont de cesse de dynamiser les " territoires " qu’ils administrent. On est désolé tant pour le député que pour le président du conseil général, tant pour les maires de Soultz-sous-Forêts et de Wissembourg que pour le localier-chef du PPA. S’ils avaient pris les uns et les autres la peine de demander à Monsieur B. Landri, secrétaire général de FO-Préfecture, ils auraient su que ce contrôle de conformité n’est plus fait par les sous-préfets mais par les préfets directement, et ce plus particulièrement, puisqu’il faut tout leur dire, depuis le décret 2005-324, signé par Monsieur D. de Villepin, alors ministre de l’Intérieur. Comme l’ajoute Monsieur B. Landri, les sous-préfectures ont vocation à devenir des coquilles vides, ce qui justifie amplement une fermeture prélude à leur disparition. D’ailleurs, la mise en place des " maisons du département " procède de la même logique, les unes remplaçant les autres [voir le quotidien vespéral des marchés, dit " Le Monde " dans son article du 13 septembre 2008].

Mais comme il faut se recentrer sur son métier, les sous-préfets, du moins ceux qui resteront en place, seront chargés de la gestion des crises (avec les risques que cela comporte pour un fonctionnaire, même chevronné, même en fin de carrière si l’on touche aux cheveux de l’un des amis du président de la République) et du maintien de l’ordre. En fait, sous-préfet reviendrait à devenir 1er flic de l’arrondissement (remodelé puisque l’on s’achemine vers des fusions, en particulier dans les 3 départements d’Alsace-Moselle où l’organisation administrative héritée de l’empire allemand a multiplié les arrondissements), quelle promotion !

Tout cela doit être mis en perspective avec la " réforme " de l'organisation de l'administration départementale de l'Etat, façon premier-ministre " décomplexé ". Tout se passe selon un plan qui vise à renforcer le rôle du préfet de région, véritable 1er ministre local entouré de missi dominici qui rendent compte autour d’un censeur financier, le trésorier-payeur général qui endosse le déguisement du ministre des finances [voir le quotidien vespéral des marchés, dit " Le Monde " dans son article du 13 septembre 2008]. On est alors dans un tout autre schéma d’organisation étatique avec la mise en place d’une autre sorte de seigneur local, non-élu celui-là, en plus des hobereaux, présidents de région et de conseils généraux, qui se sont taillé des fiefs à la faveur des lois dites de décentralisation.

A la limite, la disparition de la sous-préfecture wissembourgeoise paraît alors relativement anecdotique. Elle doit cependant être mise en rapport avec les décennies d’immobilisme dont la sous-région ne finit pas de se remettre. Avec le dépit qui doit inspirer tous ceux qui, des années durant, se sont dit qu’il valait mieux courber l’échine et acquiescer à chaque décision du pouvoir central, histoire de ne pas se faire mal voir.

Pourquoi ne pas recourir comme cela a été le cas avec l’affaire du tribunal à la protestation juridique ?

Pourquoi ces " zélus de terrain " qui ne sont jamais surpris ne prennent-ils pas l’initiative d’un mouvement populaire qui dirait, sans s’encombrer de formules alambiquées, à un pouvoir central à la ramasse que ses initiatives sont ridicules avant d’être néfastes ?

Pourquoi ne pas changer de braquet en faisant fonctionner, au grand jour, publiquement, cette fameuse conjonction des énergies entre " zélus de terrain " et sous-préfecture pour manifester qu’au-delà des déclarations d’intention cet échelon administratif a une réelle raison d’être ?

Oui, pourquoi, et pourquoi pas ?

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