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29/05/2008

de l'eau pour tous : projet bts wissembourg

Suite à la réussite, au succès et surtout aux connaissances acquises durant le projet Cameroun 2006 : « De l’eau pour tous !!! », l’Association des Etudiants BTS de Wissembourg souhaite continuer avec de telles actions.

L’objectif du projet 2008 est d’améliorer les conditions de travail dans l’école primaire de Didokpui un village situé au sud du Togo. Ainsi nous nous engageons à remplacer les salles de classe actuellement dans des huttes par deux bâtiments maçonnés.


L'association qui nous accueille travaille à Tovégan-Didokpui parmi les enfants de l'école primaire public de Tovégan, afin d'occuper utilement les vacances de ceux-ci. Tous les jours, environ 120 enfants se rassemblent pour profiter de journées organisées par des bénévoles de l'association : des temps de révision du programme de l'année scolaire le matin, et des grand jeux et autres animations l'après-midi. Ces activités permettent un suivi régulier des enfants, de leurs familles, de leur hygiène de vie, et leur assure une formation. Sélom KLUTSE, notre contact sur place nous a exprimé le besoin de volontaires pour rendre possible un nouveau projet d'été en 2008. Aussi, une partie de l'équipe oeuvrera à cette tâche, en proposant des temps d'animation et de jeux aux enfants.

Il est également prévu de retourner sur les lieux de l’installation de l’éolienne, c’est-à-dire à Ndziih-Djuttitsa, à l’ouest du Cameroun, d’y faire un bilan, des relevés pour l’amélioration et l’optimisation d’un tel système en fonction des conditions climatiques notamment. En plus de cela il est capital de conserver les contacts établis sur place et de veiller au bon suivi de l’entretien de l’ensemble par l’équipe locale.

Vous en saurez plus en allant sur le site de l'association :
http://www.deleaupourtous.c.la/

27/05/2008

en complément du point 21 du dernier conseil municipal

Personne n'a compris ces abstentions [lors de la nomination d'Ingrid Bétancourt "citoyenne d'honneur" de Wissembourg] qui interrogent sur les ressorts humanistes qui doivent ou devraient tous nous animer, quelles que soient nos divergences sur les remèdes à apporter aux maux qui nous frappent. Quand un être humain est dans la détresse ou la difficulté, il n'y a pas à mesurer le témoignage d'amitié et de réconfort que nous pouvons lui envoyer, pas plus qu'il n'y a de "raison" à invoquer on ne sait quel prétexte pour se réfugier derrière une pseudo neutralité que l'on aimerait faire passer pour de la distanciation et qui n'est en fait qu'une marque supplémentaire d'indifférence.

Le texte ci-dessous est le témoignage de soutien d’Yves Simon, auteur-compositeur-interprète et romancier. Il a été dit au cours de la soirée « Les Voix de l’Engagement » du 13 février, à Louvain-la-Neuve.

Quant à l’engagement des artistes ou intellectuels, Simone Signoret me répétait souvent : “Il vaut mieux faire que ne pas faire”. C’était sa manière de répondre par avance aux détracteurs de tout bord qui insinuaient qu’il était facile se s’engager, de signer une pétition, de se rassembler puis de de se retrouver dans sa tour d’ivoire avec le sentiment du devoir accompli.

Après tant de manifestations, de poèmes de Raul Riveiro lus en public pour le sortir des geôles cubaines, les témoignages de sympathie pour Christian Chesneau et Georges Malbrunot, otages en Irak, lus sur le parvis de l’Hôtel de Ville devant des milliers de Parisiens fervents, l’Olympia des chanteurs pour Florence Aubenas, la chanson de Renaud pour Ingrid Betancourt, on peut se demander en effet s’il n’y a pas là que de simples gesticulations pour se donner bonne conscience à peu de frais et rentrer chez soi vérifier si le monde tourne toujours. Une réponse limpide est venue au Théâtre du Rond-Point, lors de la soirée des comédiens pour Florence Aubenas. Jean-Paul Kauffmann, détenu deux années dans des geôles du hezbollah libanais sait de quoi il parle et il a dit ces simples mots: “Tout est indispensable, même l’action en apparence dérisoire est inestimable. Je puis témoigner qu’une cellule, même la plus isolée, n’est jamais entièrement hermétique. Un souffle d’air venu de l’extérieur parvient parfois à y pénétrer... La médiatisation est une protection.

Simone Signoret avait donc raison: nos dérisoires lâchés de ballons avec Reporters sans Frontières, place du Trocadéro, les portraits d’Ingrid ou de Florence déroulés devant l’hôtel de Ville de Paris ou place de la République, nos voix diffusées sur des antennes de radio, quitte à être critiqués, à être moqués, ne sont inutiles en rien. Ils donnent en tout premier lieu du baume au cœur à la famille, aux amis des absents, de plus, ils forcent les gouvernements à agir plus et mieux, et parfois, par une radio providentielle, par une conversation des ravisseurs, les enfermés savent que l’on pense à eux, si loin, qu’ils existent dans nos pensées et sont présents dans les cœurs d’une Nation.

Ce soir, c’est à Ingrid Betancourt, à Aung San Suu Kyi, à Fred Nérac que nous pensons plus particulièrement. Ils sont privés de circuler librement, d’embrasser ceux qu’ils aiment, de les choyer, de réconforter par leur présence leurs amours, leurs enfants, ils gardent en eux tant de paroles, tant de gestes que sans doute parfois le désespoir les gagne. A nous, magiquement, de leur donner le courage dont ils ont besoin, à nous de parler, de tendre nos bras, à nous de dire que le monde est moins riche sans leur présence auprès de nous, à nous de médiatiser leur absence pour les protéger, à nous de dire haut et fort que ces personnes sont nos frères, nos sœurs et surtout: qu’ils nous manquent terriblement.

Yves Simon

26/05/2008

samedi 24 mai, avec l’association culturelle turque

L’invitation était venue à l’issue du conseil municipal de vendredi.

"Viens donc demain, au foyer Saints-Pierre-et-Paul, l’association culturelle turque organise une fête pour les familles, enfants et parents, tout le monde est invité. Ça commence vers 15h00."

En fait il y avait près de 200 personnes à cet après-midi convivial. Il y avait là beaucoup d’enfants qui ont été mis à contribution pour des saynètes ou des petites chorégraphies qu’ils ont préparées souvent entre eux, sans le secours des adultes. Mais on retrouve aussi les "anciens" qui ont maintenant des familles et avec qui on a tout le temps d’échanger quelques mots avec l’une ou avec l’autre. Et c’est comme il y a 25 ans lors des fêtes au village, il faut aussi se faire traduire le sketch qui fait rire tout le monde [c’est le problème quand on est le seul ou presque à ne pas parler la langue du groupe, mais à l'époque, c'était pour l'alsacien], à écouter la musique de là-bas, à voir les groupes de jeunes danser, à entendre des poèmes, et à se restaurer de spécialités, sucrées et salées, venues d’ailleurs. D’ailleurs ? Ben non, puisque ce sont nos voisins directs, les connaissances de nos amis, nos collègues, les Wissembourgeois dont les parents ne sont pas nés à Wissembourg qui invitent. En fait, on est entre nous, en famille, et c’est le moment de prendre des nouvelles des enfants, des aînés qui font leur vie, poursuivent une carrière, etc. Tout le monde a le sourire, les vendeurs de tombola font des affaires, et en plus il fait beau. Tous les ingrédients sont réunis pour une rencontre festive réussie.

Quand j’y étais, j’y ai croisé quelques conseillers municipaux qui ont fait le déplacement, une adjointe au maire, un chef d’établissement scolaire, on sentait qu’on était dans un autre schéma social ! Le tournant est passé par là aussi. Bref, c’était simple et sympa, j’étais un peu triste de devoir partir.
Bonne idée en tout cas, et on reviendra l’année prochaine.
Merci Veysel de l’invitation.

père et fils expulsés, mère en prison, fille livrée à elle-même …

Le père et le fils expulsés, la mère en prison administrative pour étrangers et en grève de la faim, la fille, lycéenne, livrée à elle-même. C'est le gâchis auquel aboutit la politique inhumaine de messieurs Sarkozy et Hortefeux. La famille est originaire d'Ossétie du Sud, un minuscule territoire (70 000 habitants) dont la Géorgie conteste l'indépendance et dont la population fuit dès qu'elle le peut. Mme Daredjan BERAVA, professeur , Mr Bessik TCHALATACHVILI, et leurs deux enfants Valérian, 19 ans, et Nina, 18 ans, sont arrivés à Poitiers en 2006. Ils ont demandé l'asile qui, comme dans plus de 90% des cas aujourd'hui, leur a été refusé. Un recours à la Cour Nationale du Droit d'Asile a été fait, la date de l'audience étant fixée au 3 juin 2008. Seule Nina pourra s'y rendre, son père et son frère ont déjà été expulsés. Nina et sa mère sont sans nouvelles d'eux depuis lors. Arrêtée pour la troisième fois cette année le 9 mai, Madame Daredjan BERAVA a été placée en rétention à Paris, dans l'île de la Cité. Elle a déjà subi une tentative d'expulsion le 23 mai 2008 au cours de laquelle elle a été brutalisée. Elle est maintenant en grève de la faim. Nina a reçu une OQTF le lendemain de son 18ème anniversaire, le 27 décembre 2007. Cette excellente élève du lycée Aliénor d'Aquitaine à Poitiers se débrouille seule soutenue par ses professeurs. On imagine dans quel état psychologique et de frayeur elle se trouve: son père et son frère ayant disparu, sa mère en prison administrative et menacée de bannissement ! Il faut que la politique de brute de M. Hortefeux cesse ! Qu'il cesse d'exiger des fonctionnaires de police et des préfectures des missions déshonorantes. Quelle serait l'impérieuse nécessité qu'il y aurait à persécuter ainsi une famille ? Le délire doctrinaire, ça suffit ! Il faut empêcher ça et faire savoir aux autorités compétentes en matière d'inhumanité ce qu'on en pense.

25/05/2008

vendredi soir, 18h30

Je ne suis arrivé que vers 18h30, mais j’ai une excuse pour mon retard : un copain avec qui j’avais parié une bouteille de champagne, en décembre dernier, sur la victoire des vainqueurs est venu ce vendredi soir pour faire sauter le bouchon. Mieux vaut tard que jamais !

Cela dit, je ne commente que ce que j’ai lu ou vu, pas comme le porte-plume de la P2R qui est parti juste avant l’examen du point 21, ce qui ne l’empêche pas de citer entre guillemets l’étonnante saillie de Monsieur de Naguère, tout comme l’explication du maire. Mais nous en reparlerons tout à l’heure.

Donc arrivée tardive pour trouver une assemblée renouvelée, un conseiller "Radicus" ayant rendu son tablier, après seulement deux mois et demi de présence ; ce n’est pas très "fair-play", et surtout s’ils décident de s’en aller à ce rythme –là, il n’en restera plus à la fin de la mandature. Car il n’y en plus que 18 derrière, et il reste tout de même 69 mois à tenir. Il faut donc que les démissions ne se fassent pas à plus d’une tous les 4 mois environ, faute de quoi, le groupe d’opposition qui a déjà du mal à exister a toutes les chances de perdre le peu de crédibilité qui lui reste. D’autant que numéro 7, le remplaçant du numéro 5, ayant appartenu à l’exécutif municipal de "Monsieur de Naguère" n’a pas très envie de s’incruster comme simple conseiller, qui plus est d’opposition. Numéro 8 est-elle déjà à l’échauffement ?

Il semble que les points précédents aient été votés à l’unanimité, comme annoncé dès mercredi soir. En fait, c’est assez surprenant, mais il va falloir s’y faire.

Point numéro 8 : modification des statuts de la communauté des communes.

Il s’agit bien de faire payer par la communauté des communes le terrain de football synthétique au stade des Turcos. Quant aux équipements multisports, il s’agit de ces drôles de terrains qui poussent un peu partout à la périphérie des villages. Ils ont le grand avantage d’être subventionnés par le conseil général.

Pas de question sur le sujet et le point est adopté à l’unanimité !

Point numéro 9 : vente de 2 logements par l’OPUS.

Pas de question sur le sujet et le point est adopté à l’unanimité !

Point numéro 10 : désignation des représentants de la commune à la commission communale des impôts directs.

Pas de question sur le sujet et c’est bien dommage, car on aimerait savoir à quoi sert ce comité Théodule de plus. Le point est adopté à l’unanimité !

Points numéro 11, 12 & 13 : recrutement de personnel saisonnier (piscine, entretien, bibliothèque.

Petite précision tout de même à Monsieur de Naguère qui a cru bon rappeler que de son temps, on employait déjà les saisonniers communaux pour des périodes de deux semaines comme la municipalité s’apprête à le faire. Il aurait pu aussi rappeler qu’un différent avait opposé à la fin des années ’90 l’un des employés temporaires, et cela s’était terminé aux prud’hommes où la mairie avait perdu. Mais qui se le rappelle encore ?

Pas de question sur le sujet et le point est adopté à l’unanimité !

Point numéro 14 : prise en charge de formation BAFA.

Pas de question sur le sujet et le point est adopté à l’unanimité !

Point numéro supplémentaire : définition des temps pariels.

Question d’administration qui n’appelle pas de commentaire.

Pas de question sur le sujet et le point est adopté à l’unanimité !

Points numéro 15 : cheminement cyclable.

On attendait tous que l’on en parle enfin. Et Jean-Louis s’en est très bien tiré en rappelant tout ce qui doit être dit sur le sujet, tout ce que l’on sait depuis des lustres sur la sécurité des cyclistes roulant à contresens, sur l’urgence des mesures à prendre face au retard accumulé des 20 dernières années, sur les études qui ont été faites, et pieusement remisées, sur les courtes distances à parcourir à Wissembourg qui devraient décourager de l’utilité de la bagnole [ce point était d’ailleurs utilisé en … 1996 par Monsieur de Naguère pour justifier que rien ne se ferait qui privilégierait un moyen de transport par rapport à un autre], etc. Curieusement, ceux qui étaient si prompts à ridiculiser le vélo, transport ringard tout juste bon pour les miséreux, ont été à peu près secs, sauf ce conseiller d’Altenstadt qui a demandé si on ne verrait pas les vélos circuler n’importe où maintenant qu’on leur réservait le côté sud de la rue Nationale pour une circulation ouest – est ! Bon, tout cela est à peu près sans importance, une bande cyclable est aménagée. En comptant bien, la rue Bannacker, c’était 4 ans pour 130 mètres, soit 32,5 mètres160 mètres, soit 13 mètres par an. Ces grandeurs permettent à elles seules le ridicule de la situation et l’entêtement de quelques-uns qui n’ont même pas la cohérence d’exprimer leur opposition à ce qu’ils ont toujours refusé. par an, et la rue Nationale, c’est 12 ans pour

On rigole déjà d’entendre Monsieur le chef de poste de la police municipale classe supérieure expliquer aux cyclistes l’intérêt de la nouvelle mesure, lui qui il y a quelques années, relayant les instructions de Monsieur de Naguère n’avait pas de mot assez fort, dans tous les sens du terme, pour rappeler à sa raison ceux qui avaient l’outrecuidance d’anticiper le prochain arrêté municipal.

On aura aussi une petite pensée pour toutes ces personnes proches de "Monsieur de Naguère" qui remontaient la rue Nationale parce qu’elles savaient bien que l’interdiction qui discriminait les cyclistes n’était pas tenable.

Notons que cet aménagement préfigure un vrai plan de déplacement urbain absolument nécessaire à une petite ville comme la nôtre.

Point numéro 16 : aménagement d’un parce de stationnement à Weiler.

Contre toute attente, on a eu un échange sur la question de ce parc de stationnement qui posait un problème depuis pas mal de temps, le propriétaire mitoyen pouvant même attaquer la commune si rien n’était fait (comblement de fossé). "Ça m’étonnerait, dit tout de go Monsieur de Naguère, qui tint à préciser que la propriétaire n’aurait pas pu attaquer la mairie parce qu’il avait lui-même construit un garage sur un terrain communal. Moi, ça m’a fait penser à Astérix en Corse, quand ils ressortent les vieilles histoires qui n’intéressent plus personne mais qui servent à justifier toutes les vieilles haines entre clan.

Adopté sans à l’unanimité !

Point numéro 17 : échange belle demeure historique centre ville contre rossignol au bord d’une rue improbable, toit en amiante-ciment, architecture hideuse.

Il est amusant de lire ce qu’en a écrit le porte-plume de la P2R dans l’édition du 25/05. "Sur son siège, l’ancien maire, Pierre Bertrand, buvait du petit lait", croit-il pouvoir écrire, oubliant que la potion était trouble et amère quand il lui a fallu détailler quels services allaient nicher dans la future maison du département : il a été incapable de citer clairement et explicitement quoi que ce soit. Mais cela a dû échapper à l’attention de notre journalistissime qui n’est toujours pas remis de ce qu’il persiste manifestement à considérer comme une injustice, on parle évidemment du changement de casquette municipale. A l’instar de ces mairies de droite qui, pour manifester qu’elles ne reconnaissaient pas la légitimité de l’élection de Monsieur F. Mitterrand, ont entrepris de ressortir le portrait de de Gaulle au motif qu’il était le fondateur de la cinquième république et de l’afficher à côté de celui du président élu, notre homme fait de son mieux pour savonner la planche du nouveau pouvoir. Et pour s’en convaincre, quelqu’un peut-il dire qu’il a lu une seule fois que "Sur son siège, Serge Bordier, chef de file de l’opposition municipale, buvait du petit lait" à propos par exemple de cette séance chaotique consacrée à l’élargissement de la rue étroite, il n’y a pas si longtemps. On connaissait déjà le bonhomme qui avait montré de quoi il était capable quand il avait fait  une présentation particulièrement remarquée du nouveau maire, alors candidat, accumulant non-dits et allusions dont il pensait qu’ils seraient dévastateurs.

Bref, cela étant dit, et chacun à sa place, longue explication un peu jésuitique du maire qui dit qu’il est pour l’échange parce qu’il était contre le fait que ça se fasse dans la précipitation préélectorale. Et que comme nous n’avons pas les moyens de remettre le bâtiment à flot, autant que ce soit le conseil général qui s’en charge. Il y aura sans doute négociation pour les Wissembourgeois ne soient pas dépossédés d’un bien qui leur appartient [mais dont ils sont privés depuis de longues années ; la dernière fois que j’y suis allé, c’était pour une visite à la mission locale, et bien avant, pour assister à l’un de ces fabuleux concerts des festivals de cours, mais c’était il y a si longtemps !].

Enfin, "Monsieur de Naguère" a eu cette saillie, qui a échappé au journalistissime, on se demande bien pourquoi, sur le "retour de la matière grise" que provoquerait l’installation de la maison du département. On en était gêné pour lui, à tel point que la première-adjointe a pris la parole, mais cela a échappé au journalistissime, on se demande bien pourquoi, pour dire que ce qui importait c’était que des gens viennent s’installer à Wissembourg, "matière grise ou pas " et qu’elle ne cautionnait en aucune façon ce genre de propos dont on peut dire qu’ils sont méprisants pour ceux qui sont restés à Wissembourg !

Norbert Schwartz a fait savoir qu’il ne croyait que modérément aux engagements du conseil général, et qu’en cohérence avec son vote défavorable le 30 janvier il s’abstiendrait, ce qu’a aussi fait Jean-Louis Piquard.

Adopté à l’unanimité moins deux abstentions !

Point numéro 18 : avenant numéro 4 au marché d’exploitation des installations thermiques.

La chaudière arrive en bout de garantie, il s’agit de signer un contrat d’entretien.

Adopté à l’unanimité !

Point numéro 19 : bail de la location des locaux de la trésorerie.

"Cela veut probablement dire que le logement de fonction n’est plus occupé par le fonctionnaire qui y avait droit, et que ce logement est maintenant disponible (113 m², situation imprenable, 895 €/mois, avis aux amateurs)." écrivais-je il y a quelques jours. J’avais bon, le logement est à louer.

Adopté à l’unanimité !

Point numéro 20 : assurance des déplacements de nos zélus et consorts.

On peut parler de gestion ordinaire, et cela n’appelle aucun commentaire.

Adopté à l’unanimité !

Point numéro 21 : Ingrid, c’est pour toi.

A la surprise générale, il y a eu deux abstentions lors du vote, qui s’est déroulé hors la présence du journalistissime de la P2R. Et "Monsieur de Naguère" s’est cru obligé de déclarer, histoire de justifier sa passivité, "qu’il y aurait tellement d’autres gens à faire citoyens d’honneur… " Ça a autant de sens que ceux qui disent qu’ils reçoivent tellement de courrier que plutôt que de ne pas répondre à tout le monde, ils préfèrent ne répondre à personne.

Je pronostiquais l’unanimité, ce sera moins deux vox, celle des numéros 1 & 2 de la liste Radicus. Bravo pour eux !

Point numéro 22 : divers

J’avais tout faux. On a parlé d’une action de soutien à trois prisonniers d’opinion chinois, en liaison avec le groupe local d’Amnesty International et de l’enquête d’utilité publique de la future station d’épuration qui se tiendra du 10 juin au 10 juillet 2008.


Il état juste temps pour aller au Relais déguster une mise en scène virevoltante et pétillante des adorables précieuses, pas si ridicules que ça, qui renouait avec un théâtre en complicité avec le public.

Belle fin de journée en somme, avec en matinée le théâtre municipal et en soirée le théâtre de Molière.

22/05/2008

Gray (70) : famille tchétchène expulsée ce matin !

Envers et contre tous les droits !
A Gray (Haute Saône)  la famille tchétchène Aoucheva (5 enfants) expulsée ce matin !

Laëla Aoucheva (née en 1973, arrivée en France en novembre 2007), son mari Ayub Aouchev (né en 1972, arrivé en France le 25 mai 2007) et leurs 5 enfants (de 3 à 12 ans) sont arrivés de Tchétchénie via la Pologne. Laëla Aoucheva a fui la Tchétchénie en 2004 après que son véhicule ait été écrasé par un char Russe, le conducteur tué, et elle blessée légèrement près de l'oeil, aux cotes et à la jambe. Elle devait être opérée en juin. Ayub Aouchev a dû fuir aussi lorsqu'il a été rattrapé dans la forêt et subi alors diverses violences (coups sur le crâne).
Plusieurs certificats médicaux attestent de la fragilité et de la détérioration de leur état de santé.

Les 5 enfants sont scolarisés à Gray, 2 en maternelle, 2 en primaire et l'aînée au collège.
Première arrestation le 19 mars 2008, en même temps qu'une autre famille tchétchène.   Toutes deux sont transportées et mises en rétention à Oissel d'où elles sont  libérées deux jours plus tard.  Pour les Aouchev, le JLD statue sur l'atteinte à la vie des enfants que constituerait une expulsion et donne ainsi tort à la préfecture de Haute Saône qui ne lâche pas. Elle fait appel,  sans résultat pour  Laëla, gagne pour Ayoub qu'elle  assigne à résidence. Nouveau recours : la préfecture perd à nouveau le 4 avril, Ayoub est libéré du pointage quotidien.

La bataille juridique se poursuit  entre l'avocat et la préfecture, c'est Dublin 2 contre le respect du droit français.  L'avocat dépose un recours en référé suspension qui doit être jugé le 30 mai. La solidarité locale joue à fond pour protéger la famille, mais la tension est très lourde, dure à supporter pour la famille, et particulièrement pour la maman, dont le 15 mai, un certificat de santé très complet  du CHU de Besançon atteste l'aggravation de l'état de santé. Laëla redoute une expulsion partielle, et à la demande de la famille, les précautions s'allègent et la famille se retrouve réunie depuis huit jours, dans leur appartement, celui là même qu'occupait la famille Raba.  

La préfecture se doute – t-elle qu'elle risque à nouveau de perdre sur le fond ?
Mercredi 21 mai 08, jour des enfants, dès 6h moins le quart, les gendarmes sont en bas de l'immeuble.
A 6 heures ils pénètrent, et en 40 minutes la famille est embarquée pratiquement sans bagages par 5 véhicules de gendarmerie, 19 gendarmes, et conduite à Dole (39) sans doute à l'aéroport de Tavaux
8h 22 : Laëla parvient à passer un coup de fil. La famille est à bord d'un avion sans doute privé, spécialement affrété, le tout  aux frais des contribuables.

Persécutions, acharnement, violence psychologique dévastatrice dans cette arrestation soigneusement préméditée, organisée et menée de bout en bout avec le maximum de secret. 19 gendarmes affectés à la réussite d'une opération de destruction, à l'arrachement de toute une famille à son quartier de voisins solidaires et de soutiens qui jour après jour les ont aidés à retrouver un peu d'humanité. 5 chaises vides à l'école, et que répondra-t-on aux questions des copains de classe ?
La chasse aux familles bat son plein : négation du droit à la santé,  violation du droits des enfants à une scolarité  régulière et suivie, mépris du droit français et des procédures engagées
Ceux qui étaient là, accourus au petit matin, ne sont  prêts d'oublier l'extrême dignité des parents, leurs mots de remerciements, les cris et le regard des enfants embarqués dans les véhicules des gendarmes.

15 heures : La famille AOUCHEVA a été remise à la police polonaise. Depuis, son portable ne répond plus.

numéro 53 page 1


23 février 2002 – 25 mai 2008

Ingrid Bétancourt est séquestrée depuis 2283 jours !

Ne l'oublions pas !

Ligne éditoriale

La question est revenue sans arrêt : mais qu'est-ce que tu vas écrire maintenant ? suivie d'ailleurs d'un : on compte sur toi pour ne pas nous épargner ! Le grand écart en perspective pour ce qui a été pour beaucoup de Wissembourgeois le centre de gravité de la contestation du ci-devant pouvoir municipal.

            Actuellement, on est dans un autre schéma de rapports sociaux avec appel à la "société civile" pour qu'elle intègre les commissions municipales.

            Cela dit, tous ceux qui ont été les acteurs du changement historique ont bien le droit de mesurer au plus vite les premiers effets de leur choix électoral.

Pumpernickel

 

Pour Ingrid

C’était en septembre 2005. Pour la première fois, vous trouviez ce discret "à-plat" en bas de la première page de Pumpernickel, pour attirer l'attention sur le sort d'Ingrid Bétancourt. L'idée était venue d'un courriel de son comité de soutien qui demandait que le plus grand nombre de communes françaises l'adopte et fasse d'elle et de ses camarades de captivité des citoyens d'honneur. Cet appel a été suivi, à Wissembourg, par l'affichage quasi-quotidien, sur le panneau de Pumpernickel, du décompte macabre dont les ravisseurs sont les responsables.

            Depuis le tournant du 9 mars 2008, le cours local des événements s'est inversé. Lors du conseil municipal du 3 avril 2008, un mot a été dit sur le drame des otages en Colombie, et un "kakemono" à l'effigie d'Ingrid est venu enrichir la façade de la maison commune.

            Il se trouvera évidemment des esprits forts et chagrins qui diront que cela ne sert à rien. Peut-on leur opposer cette réflexion d'Edmund Burke, conservateur britannique du XVIIIème : celui qui ne voulait rien faire sous prétexte de ne pouvoir faire que trop peu ne pouvait commettre de plus grave erreur. Et rappeler que les otages ont toujours répété que les marques de solidarité, même lointaines, les ont aidés à tenir le coup dans l'adversité.


à retenir

Pumpernickel invite ses copains et copines à se retrouver

le 7 septembre 2008,

à partir de 14h30,

rue Saint-Jean.

à la bonne franquette, comme d'habitude, avec musique et bonne humeur, et tout à 50 centimes !

numéro 53 page 2


Chronique, par Dominique Walter

Un être humain peut-il être illégal ? S'agit-il de lui ou de sa situation administrative ? Les raccourcis langagiers amènent à des "simplifications" dévastatrices qui sèment doute et confusion, favorisent les glissements sémantiques qui nourrissent la langue de bois. C'est à introspection sur ce thème que notre chroniqueur nous invite.

Les juristes français distinguent les centres de rétention et les lieux de détention (les prisons). Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’inventeur de l’expression « centre de rétention » est un petit malin. Je lisais l’autre jour un essai d’Edward Bernays paru avant le krach de 1929, Propaganda ou l’art de manipuler l’opinion en démocratie. Bernays, le neveu d’Amérique de Sigmund Freud, qui a puisé tant d’or et de pétrole dans l’industrie des relations publiques, voudrait persuader son monde qu’il faut impérativement recourir aux techniques de propagande pour apprivoiser, dresser, dominer les populations inaptes à la vie sociale et politique : créons donc, dit-il, un « gouvernement invisible », composé de faiseurs d’opinions, pour « organiser ce chaos ». Et ce gentil organisateur d’expliquer les atouts de la propagande et de narrer les miracles accomplis à la demande du président Wilson, ainsi que les hauts faits de certains confrères occidentaux : en voici un exemple.

Hôpitaux ? Non, postes d'évacuation !

            On est alors très occupé à s’entretuer dans les tranchées au milieu des rats et des obus. Il faut bien soigner chaque estropié, ou presque, puisque l’effort de guerre ne peut continuer qu’avec l’assentiment de l’opinion publique et que l’art de cloner la soldatesque est encore un secret des dieux. Mais « en Grande-Bretagne les postes d’évacuation militaire furent la cible de très nombreuses critiques à cause des traitements sommaires dispensés aux blessés. Aux yeux de l’opinion, les patients d’un hôpital avaient droit à des soins prolongés et consciencieux. Le mécontentement public céda quand, au lieu d’hôpitaux, on se mit à parler de postes d’évacuation. Personne n’attendait d’une institution ainsi baptisée qu’elle dispense plus que des traitements d’urgence. Le terme hôpital avait un sens convenu, indissociablement associé à un certain cliché. » En France, pour une raison analogue, et par cette capacité d’anticipation qui honore tout bon conseiller en relations publiques d’après Bernays, on a dû baptiser les camps destinés aux étrangers clandestins, « centres de rétention administrative »  - tout comme on a déguisé du nom magique de « centres socio-médico-judiciaires » les prisons récemment inventées pour les vedettes criminelles du Figaro (je veux parler de ces criminels amendés mais suspectés de futurs crimes abominables).

Rétention vs Détention ?

            Un cliché, c’est une idée toute faite, figée, désuète, fallacieuse. C’est une image d’Épinal ou de Wissembourg : Rouget de Lisle chantera toujours la Marseillaise pour la première fois au milieu d’un salon mondain, dans la lithographie de Wentzel, même si le chant de guerre a été d’abord entendu sur la place Broglie de Strasbourg. Le cliché tenace de notre époque, c’est de croire qu’un prisonnier est toujours coupable d’un fait délictueux, non d’un crime virtuel imaginé par le juge : voilà le « centre socio-médico-judiciaire » inventé. Pour changer la prison en maison de charité, il suffit de changer la pancarte, de modifier un nom dans l’annuaire des lois. Le stéréotype dominant de notre époque, c’est aussi de croire que l’étranger qui fuit la misère et les combats de son pays mérite un peu plus de considération que l’homme soupçonné d’un vol ou d’un meurtre ; et voilà le « centre de rétention » qui fait son apparition, à Geispolsheim par exemple où la maréchaussée retient une trentaine de suspects au fond des bois sans jamais les détenir un seul instant.

            S’il y a juridiquement une distinction entre la rétention et la détention, il n’y en a pas plus dans les faits que dans la langue française. A moins que l’inventeur du « centre de rétention » ait songé à ce sens donné par Le Robert : est rétention « toute conservation, tout séjour prolongé dans une cavité ou un conduit de l’organisme, d’une substance solide, liquide ou gazeuse qui est destinée normalement à être évacuée ou expulsée » - et de donner l’exemple de la rétention biliaire ou de la rétention d’urine. Mais comme la rétention est « administrative » cette idée d’un processus organique ne vient naturellement pas au cerveau et ne doit pas y venir à l’état conscient.

L'administration responsable.

            Tout est imputé, en effet, à l’administration, c’est-à-dire à personne, et ainsi les cartes mentales sont brouillées. L’administration, c’est ce que le Français ne comprend pas et dont il a même franchement peur. Ce sont des bureaux à l’infini, hantés par des rond-de-cuir plus ou moins flemmards qui compulsent mollement des dossiers tragiques tout en tapant une belote ; ce sont des procédures, des directives, des circulaires tellement compliquées, et forcément perdues pour une bonne partie d’entre elles dans les coulisses du labyrinthe formé par le système des administrations. A ce compte-là, le sort de ces étrangers privés de liberté, coincés par des murs et des barbelés jusqu’à ce qu’ils soient tout d’un coup poussés vers l’intestinal aéroport, puis expulsés brutalement dieu sait où, ne peut surprendre personne. Si l’administration les tient, leur situation est donc normale. Et si l’administration commet des erreurs flagrantes, c’est dans l’ordre des choses.

            Tout de même il y a des audacieux qui cherchent des responsables. Mais qui est responsable ? Le ministre des camps ? Il a un président. Et le président a une épouse, des amis, des conseillers. Et les conseillers sont eux-mêmes influencés par leurs femmes, qui imitent plus ou moins une de leurs amies. Et ainsi de suite jusqu’au premier des passants que vous verrez aujourd’hui, qui par son abonnement à un certain journal, oblige ce journal à estimer ses opinions et à les confier indirectement au président qui lit le même journal dans son palais, quand il ne réécrit pas la Déclaration des Droits de l’Homme ou ne promet pas le paradis aux pécheurs de Bretagne et d’ailleurs. Pour simplifier, on cherchera donc un responsable dans la seule administration : c’est plus commode. Et l’administration avec sa police, son tribunal, ses organismes regroupés en galaxies lointaines, est un monde innocent. Certains accuseront les services de la préfecture ; d’autres diront que la police fait du zèle ; les plus futés dénonceront les deux, sans oublier les juges du tribunal administratif. Qu’on remplace donc les juges, les policiers et le personnel de la préfecture, pour voir s’il suffit de changer ces hommes pour changer les camps, comme il suffirait de changer le nom pour changer la chose.

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Actualité wissembourgeoise

Pour mesurer l'ampleur de ce qui s'est passé le 9 mars dernier, il suffit de se replonger dans ce qui pouvait être écrit il y a 7 ans. à l'époque, le succès de la droite dure permettait à la presse locale, exemplaire  de révérence, de tirer des conclusions vaseuses sur l'éternité de la présence du conservatisme à l'hôtel de ville. Tout ce petit monde apparaît complètement hors du coup, n'ayant rien vu venir, insensible à l'humeur des Wissembourgeois.

Seul à avoir pronostiqué le changement, et à l'avoir écrit, Pumpernickel peut revenir sur cet événement qu'il a accompagné, depuis plus de 12 ans, sans se laisser impressionner par qui que ce soit.

Pour une surprise, ça en été une, surtout semble-t-il pour ceux qui ont gagné, et qui avaient du mal à y croire encore quelques jours avant le verdict ! Bien qu'ils sentissent  que la ville n'était plus pareille à l'image immobile que voulaient en donner tous les tenants de l'ordre établi. Il y a même eu confrontation, en particulier durant la dernière semaine, quand, flairant la modification des données, le maire d'antan s'est lancé dans un improbable marathon … des parkings de hard discounters. Personne n'en revenait de le voir évoluer dans cet environnement inhabituel  pour lui. Le paroxysme a été atteint les deux derniers jours, avec des tracts complètement à côté du sujet, illisibles, incompréhensibles, avec un pic le 8 mars au matin quand "ils" étaient au marché, à la provocation, cherchant à pousser à la faute l'adversaire honni. Ils en auront été pour leurs frais, cette ultime manifestation d'existence ayant été prise pour ce qu'elle était, de la gesticulation insignifiante. Mais pour reprendre l'une des observations favorites de celui que personne ne regrette, tout cela aura singulièrement manqué de dignité.

Quel dimanche !

            Aller voter n'a pas été de tout repos non plus, puisqu'il fallait encore supporter cette présence un peu collante jusqu'à l'entrée du bureau de vote que le futur déchu occupait, et avec quelle ostentation. Cela lui a d'ailleurs valu un mot à la commission électorale de contrôle, malheureusement incompétente pour les villes de moins de 20 000 habitants. Mais il ne perdait rien pour attendre, le bougre.

            Durant la journée, si les uns ont fait du repassage, les autres ont pris leur vélo, histoire de ne pas se laisser outrageusement prendre par ce qui se jouait et dont le dénouement allait constituer ce que les media audiovisuels régionaux ont qualifié de séisme.

            Puis 18h00 ont sonné, avec le début du dépouillement. Foule des très grands jours  à la mairie où dès 18h20 on sentait que quelque chose était en train de se faire. Peu ou pas de résultats des autres bureaux (où l'un des "ténors" de la municipalité défaite se voyait réélu avec…70% des voix ; si, si, c'est authentique et en dit long sur le décalage entre Wissembourg et eux), des badauds  de plus en plus nombreux, les bientôt battus qui refluent petit à petit vers la cour intérieure sous la poussée du Peuple qui reprend possession de ce qui lui a été pris, les mines qui s'allongent ici, l'espoir qui n'ose pas encore s'afficher, puis un copain qui arrive avec le verdict : on a gagné, j'ai tous les bureaux, une trentaine de voix. C'était à 18h50.

L'heure des comptes

            Pendant ce temps-là, "on" faisait et refaisait les totaux, incrédule, abasourdi et probablement effaré de ce qui se passait. Il a bien fallu interrompre l'interminable passage en boucle des résultats partiels … de Weiler (où les perdants faisaient un pénible 52% et que l'on nous infligeait depuis une petite demi-heure) pour donner le résultat. La télévision régionale qui s'était déplacée (une première dans l'histoire politique) et auprès de laquelle "on" pensait une fois de plus pouvoir fanfaronner, n'était pas là pour rien ! Elle a pu rendre compte du bonheur qui se lisait sur les visages de plus de 80% des présents. Parmi eux, et là encore c'est une première, nos compatriotes d'origine immigrée participaient à la fête, et n'étaient plus priés, comme d'habitude, de rester entre eux. Ils avaient au moins une bonne raison d'être là : pour la première fois, siège au conseil municipal de Wissembourg un élu dont les parents n'ont pas le droit de vote parce qu'ils ont été contraints de partir de chez eux pour trouver ailleurs des moyens de subsistance. Lourde responsabilité pour lui, et initiative prometteuse pour ceux qui ont eu l'idée de l'intégrer à la gestion de la ville. À la limite, ce qui est étonnant, c'est que cela nous surprenne !

Sacrée soirée !

            Mais revenons à la soirée. Si les battus ont bel et bien été complètement pris de court, les gagnants s'étaient préparés à la victoire, s'abstenant de tout débordement qui aurait évidemment gâché l'ambiance. Donc peu de prises à partie ou de réflexions bien senties (qui n'auraient tout de même pas été volées), rien que des congratulations entre celles et ceux qui avaient fait de leur mieux pour qu'on en voie enfin le bout ! Et quelques embrassades émouvantes entre majoritaires nouveaux et minoritaires historiques, les uns n'oubliant pas que c'est à l'action patiente, désintéressée et opiniâtre des autres qu'ils doivent la situation actuelle. Nous étions quelques-uns à regretter que telle ou tel ne soit pas des nôtres ce dimanche soir pour partager ce moment à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de la ville.

            L'émotion passée, le maire qui ressemble à ses administrés est monté sur une table pour une prise de parole avant de donner rendez-vous au Relais culturel pour une soirée improvisée comme beaucoup d'entre nous n'auraient jamais pensé qu'ils la connaîtraient un jour.

Tout reste à écrire

            La suite s'est jouée en deux temps, le 14 mars avec l'élection du maire et des adjoints [ce n'est pas de côté-ci qu'il faudra chercher le changement, car on repart sur les mêmes bases (8 adjoints, dûment appointés (*))], puis le 3 avril pour l'épilogue avec les élections / nominations / délégations aux différents organismes, commissions et structures [ce n'est pas de côté-là qu'il faudra chercher le changement, car on repart sur les mêmes bases (tout pour nous, le reste pour eux, s'il en reste)] avec le déshabillage total de ceux qui étaient tout et qui ne sont plus rien. D'ailleurs, résignés, ils n'ont même pas levé le petit doigt.

            Indépendamment de la nécessaire cohésion de l'équipe municipale, on est tout de même conduit à se demander si c'est avec du vieux qu'on fait du neuf.

(*) : pour information, rappelons-nous que ces armées mexicaines sont une particularité hexagonale qui interroge nos voisins et partenaires européens. Ainsi la municipalité d'Amsterdam, capitale des Pays-Bas, 750 000 habitants, ne compte que 6 adjoints ; par ailleurs, un bon quart des élus (municipaux et d'arrondissement) est d'origine immigrée.

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Mais pourquoi ont-ils été congédiés ?

C'est une question qui n'en finit pas de tarauder les esprits, tant cette éventualité n'était pas acquise d'avance. Les raisons sont forcément multiples, et ce n'est que leur conjonction qui aura permis que des urnes sortent les ingrédients d'un changement dont nous attendons la manifestation.

·      Première "raison", le poncif habituel et préféré des politologues d'occasion, c'est l'usure du pouvoir. Mise à toutes les sauces, elle permet de justifier l'inexcusable. Dans le cas qui nous occupe, l'invoquer n'est toutefois pas totalement injustifié puisque depuis 19 ans qu'ils étaient là, et en manœuvrant toujours de la même façon, ils ont fini par abuser de la patience, même parmi ceux qui ne leur étaient pas hostiles. Sans doute, la perspective de savoir que rien ne changerait, que les promesses étaient vaines, que la conversation serait toujours autant bloquée, que les uns seraient systématiquement traités de façon plus égale que les autres, aura fini par produire quelques effets. Tout en sachant qu'en 228 mois il est assez facile, si l'on n'y prend pas garde, de contrarier 228 personnes. Mais s'il n'y avait que cela, tout serait trop simple.

·      Sans doute, le recours à l'action éditoriale en remplacement d'un combat politique vain et illusoire au sein d'une assemblée communale complètement verrouillée a-t-il eu un effet, à long terme, plus important que cela n'avait été envisagé ou espéré. Pour la première fois, un pouvoir quasi-absolu bien qu'issu des urnes se voyait régulièrement contesté sans qu'il lui soit possible de répliquer, autrement que par la violence de la poursuite judiciaire. De même, durant les deux derniers mois précédant l'élection, le blog de Pumpernickel a permis que l'information circule, que des projets soient abordés, à défaut d'être discutés ou que des comportements pour le moins inamicaux soient dénoncés (on pense en particulier à la dernière semaine durant laquelle "on" a dépassé les limites de l'acceptable).

·      Autre possibilité, une excessive estimation de sa valeur et du bilan que l'on présente en vue de la reconduction d'un exécutif "sûr de lui-même et dominateur", pour paraphraser "le Général". On pense évidemment à ces deux prestations sur les antennes régionales, durant lesquelles les approximations ont succédé aux attitudes, à ces propos d'élu professionnel à l'effet dévastateur quand les administrés cessent d'être reconnus comme des citoyens. Comment interpréter autrement que comme une bévue monumentale cette "réflexion" selon laquelle "on" traite des dossiers tellement complexes qu'il faut au moins 5 ans pour les assimiler ?

·      Autre raison possible, la gestion calamiteuse de la situation économique. Le cortège de licenciements dont ont été victimes nombre de nos amis et voisins (certes, le maire n'est pas responsable du désordre économique mondial, mais il doit, au niveau local, anticiper les crises et préparer leur résolution), l'indifférence ressentie (une lettre ne remplace pas un déplacement), la multiplication des mauvaises nouvelles (avec le tribunal par exemple), la modification du tissu commercial de la commune, et en parallèle des dépenses somptuaires (qui obèrent la commune et lient les mains de la nouvelle équipe) sans rapport avec les besoins de la population ont aussi été l'une des composantes de ce qui, plus qu'un mécontentement, est une réelle frustration en voyant que ceux qui ont déjà beaucoup reçoivent plus, et que ceux qui sont dans la gêne s'appauvrissent, et en plus sont stigmatisés.

·      La gestion démocratique quotidienne est également l'une des causes du rejet, même à 31 voix ! Les publications obligeamment écrites par ceux dont on ne savait plus s'ils étaient domestiques ou courtisans, le mépris érigé en principe de gouvernement, l'esquive systématique de tout débat, des monologues interminables et incompréhensibles, autant d’éléments qui auront précipité le désamour dans un couple dont l'un avait perdu l'habitude de s'adresser à l'autre. Au bout d'un moment, le discours n'est même plus entendu, quels que soient les efforts de celui qui le tient.

·      Autre point, la désunion et l'improvisation qui semblaient régner au sein d'un bien singulier équipage, qui ne parvenait à réunir que celles et ceux qui avaient encore l'heur de plaire à celui qui avait perdu le contrôle et de la situation et de ses moyens. Comme nous l'a confié l'un des recalés, "on n'a pas toujours été corrects avec vous." C'est le genre de phrase qui change tout, et que l'on n'a que trop peu entendu.

·      En somme, suffisance et arrogance en plus d'une bonne dose d'ignorance suffisent pour perdre des élections. Et cela est valable pour tout le monde, quelles que soient les sympathies que l'on ait, y compris pour ceux qui ont gagné. Plaise au Ciel qu'ils mettent plus de 6 ans à ressembler à ceux que nous avons congédiés !

 

Courrier

Pumpernickel a écrit aux deux chefs de file de la minorité municipale pour leur proposer une rencontre.

Monsieur,

Désireux de donner aux lecteurs du bimestriel que je publie depuis le mois de septembre 1995 des éléments de réflexion concernant les derniers épisodes électoraux que la commune a connus, j’ai décidé de m’adresser aux protagonistes de ce qu’il conviendrait d’appeler un bouleversement majeur dans la vie sociale locale. J’aimerais vous rencontrer pour réaliser une interview au cours de laquelle vous pourriez me faire part de vos impressions et des enseignements que vous tirez de ces événements. Conformément aux règles que j’observe depuis la création de ce medium, la relation de la partie vous concernant dans cet entretien, au cas où vous me l’accorderiez, vous sera transmise avant impression afin que vous puissiez y retrouver les propos qui sont les vôtres et éventuellement préciser ceux dont vous estimez qu’ils doivent l’être.

J’ai pris contact avec vous par voie téléphonique le 22 mars 2008, mais mon appel est resté jusqu’à présent sans réponse de votre part, ce que je regrette.

Je vous serais très obligé de bien vouloir me faire savoir quelle suite vous entendez donner à ma démarche.

Salutations distinguées.

Une semaine plus tard, n'ayant pas eu de réponse de leur part, ils ont été destinataires de la lettre suivante :

Monsieur,

Dans un courrier du 23 mars dernier, je vous faisais la proposition d’une rencontre en vue de réaliser une interview au cours de laquelle vous auriez pu me faire part de vos impressions et des enseignements que vous tirez des derniers épisodes électoraux qu’a connus la commune et dont il est légitime d’estimer qu’ils constituent un tournant historique. Je n’ai eu aucune nouvelle de votre part à ce sujet, ce que je déplore. Je suis maintenant contraint de m’en tenir à ce qui doit être votre réponse.

Il aurait tout de même été intéressant de confronter idées et perspectives dans le nouveau contexte. Alors que le maire s'est prêté au jeu, l'opposition nouvelle préfère la fuite. Dommage.
 
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