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31/05/2007

mois meurtrier

3471 morts, c'est le bilan de l'opération de guerre menée par l'ayatollah de la maison blanche. Semblable à ceux qu'il prétend dénoncer, utilisant les mêmes armes qu'eux, en particulier celles du terrorisme et de la prise d'otage collectifs comme à Guantanamo, ne reculant devant aucune contre-vérité, acculant ses adversaires au suicide comme cela vient d'être le cas au camp delta, l'homme des cercles "intellectuels" réactionnaires nord-américains qui vient de saluer, et avec quel enthousiasme, l'élection de l'ami des scientologues et des milliardaires continue à plonger le monde dans l'obscurantisme et la négation ou le refus de la différence. En France, son alter ego, joggeur de pacotille, affecte de labourer le terrain à un rythme qu'il sera incapable de soutenir au-delà de l'ultime rendez-vous des prochaines élections législatives, à moins qu'à l'instar de son grand pote, "chanteur" et surtout évadé fiscal qui réside en Suisse comme toute la tribu des Mauresmo Delon et autres Prost, il n'ait recours aux substances prohibées pour "relancer la machine" comme le disait naguère l'homme sandwich d'une marque de lunettes dans une interview au quotidien vespéral des marchés, ex-référence de la presse française.

C'est vrai que "bonne ou mauvaise, c'est ma patrie", mais admettons qu'elle n'y met vraiment pas trop du sien pour susciter l'amour que je suis censé lui porter. Quels sentiments peuvent bien m'inspirer tous ceux qui n'ont de cesse de mettre à mal tout ce qui faisait le tissu des solidarités entre nous, quels que nous soyons. Tout est fait pour nous resserrer sur nos égoïsmes et attiser les haines à l'égard des autres. On va maintenant privilégier ceux qui possèdent (car ils vendent) par rapport à ceux qui cherchent à acquérir en ressuscitant de façon complètement anarchique une exonération fiscale des intérêts des emprunts dont chacun sait qu’elle n’aura comme effet immédiat et durable que l’envolée des prix de l’immobilier. Dans quelques semaines, les "franchises" ne vont cesser de s’additionner aux frais de santé, contraignant les plus malheureux d’entre nous à se priver de soin parce qu’ils n’auront plus les moyens de payer le médecin. Nous assistons impuissants à la démolition systématique des fondements de la société qui a été construite par tous ceux qui nous ont précédés, des luttes de la fin du 19ème siècle au Conseil national de la Résistance dont il n’est pas inutile de rappeler quelques-unes des grandes idées dont quelques ignorants diront qu’elles relèvent du rêve et qu’elles ne s’adaptent pas au monde de la globalisation. Laissons-les à leurs stupidités, eux qui acceptent d’écouter les Jean-Marc Sylvestre dont les sentences font irrépressiblement penser à ces barbares qui cassaient les montres parce que c’était des boussoles qui ne marchaient pas.

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4 ) Afin d'assurer :

·   l'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

·   la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression ;

·   la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères ;

·   la liberté d'association, de réunion et de manifestation ;

·   l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

·   le respect de la personne humaine ;

·   l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

o  l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie ;

o  une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes ;

o  l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

o  le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ;

o  le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

o  le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie.

b) Sur le plan social :

o  le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail ;

o  un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine ;

o  la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;

o  la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale ;

o  un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ;

o  la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ;

o  l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural ;

o  une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

o  le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

C’est vrai que quand on a oublié d’où l’on vient, quand on ne sait même pas que les mesures que l’on fait prendre par un "gouvernement" qui n’est investi par aucun parlement auraient pour premier effet de faire reconduire … son propre père à la frontière que l’on invoque ou convoque la mémoire de ceux que vos amis politiques ont toujours considéré comme des ennemis et non comme des adversaires, on a presque le droit de fouler aux pieds tout ce dont on a entendu dire que c’était dépassé, suranné, obsolète. N’est-ce pas d’ailleurs la caractéristique de la droite que de n’invoquer l’héritage patriotique que lorsqu’il s’agit d’envoyer les ouvriers à la boucherie guerrière et de se retrancher ensuite derrière la "tradition" pour justifier l’immobilisme social, l’injustice et l’inégalité ?

25/05/2007

potins et cancans

Ouarf ! Ouarf !

Puisque c’est comme ça, on vous met au courant des dernières rumeurs qui courent sur les bords de la Lauter.

Il se raconte, mais qui a intérêt à répandre ce genre de "nouvelle", que le 1er adjoint aurait envie de ne pas rempiler. On le croit forcément puisque cette personne déclarait à l’un de ses adversaires, un mois avant le premier tour des élections de 1989, qu’elle était loin de la fièvre électorale. Quatre semaines plus tard, elle occupait le poste de 1er adjoint qu’elle n’a plus quitté depuis. Voilà une façon particulière d’être éloigné de la chose publique. Elle disait de la même façon qu’elle allait s’occuper bénévolement de la présidence de la communauté des communes, et ne manquait pas de prendre la parole lors d’une assemblée générale du syndicat d’initiative pour dire qu’elle allait donner un coup de main, toujours bénévole. Mais qui se le rappelle encore ?

Autre bruit, celui d’un maire qui ne remettrait pas son mandat en jeu. Alors là, on tombe des nues. Qu’est-ce qui pourrait bien décider celui qui a tant fait pour Wissembourg, qui a dépensé tant d’énergie, qui a tant dépensé tout court, à raccrocher les gants, alors qu’il reste tant à faire et tant à dépenser au service évidemment de l’intérêt général. Les routes ne sont pas encore toutes élargies, les cyclistes n’ont pas encore été tous découragés, il reste des bâtiments publics à vendre, des vieilleries architecturales sont encore à "rénover", et il voudrait s’en aller ? A moins que des dauphins impatients n’aient de cesse de le mettre sur la touche, ce qui n’est ni très gentil ni très charitable. Car il ne lui resterait que son mandat départemental, non, décidément, c’est trop invraisemblable. A moins qu’il ne s’agisse encore de semer le doute et la confusion dans les esprits pour le faire apparaître comme le seul homme qui puisse être celui de la situation. Mais de ce côté-là, on peut juger sur pièces, et on a déjà amplement donné.

En fait, tout repose sur la maladresse feinte ou réelle de l’avatar local de la presse régionale de révérence qui a publié une photo du maire à Landau, surmontée d’une légende ambiguë : le maire annonce son retrait. En fait, hélas, c’était le maire de Landau qui dételle. Oui, vous avez été quelques-uns a espérer l’impossible, mais je suis au regret de vous décevoir, il y a toutes les (mal)chances pour qu’il rempile.

 

Dernière rumeur, plutôt marrante et complètement incroyable, celle selon laquelle l’actuelle adjointe à la culture prendrait la tête de la succession au cas où le roi ne se représenterait pas. Alors, là, on est en plein dans la tragédie antique avec d’obscures querelles qui se videraient à quelques générations de distance. Sans compter qu’on imagine à peine ce que serait la ville sous sa houlette. Est-il permis de croire que nous serions administrés comme l’a été la culture sous sa "responsabilité" ? Cela reviendrait à voir toutes les administrations fermées durant de longues années pour cause d’inventaire et de travaux, comme elle a réussi à le faire pour le musée Westercamp. Mon Dieu, mais quelle faute aurions-nous commise pour mériter un tel traitement ?

Nuit des musées perpétuelle à Wissembourg ?

La dernière édition de la manifestation nationale de la "nuit des musées" a permis, une fois de plus, à Wissembourg de se distinguer par l’originalité de sa "politique culturelle" servie et promue par l’un des membres éminents de la " municipalité " qui se dévoue sans compter tant à faire éclore les nouveaux talents qu’à entretenir la flamme de la création artistique sous toutes ses formes. Chacun l’aura remarqué et appréciera à sa juste valeur les efforts qui sont déployés par la " municipalité " pour donner l’image d’un ensemble inventif, capable de s’émouvoir et attentif aux nouvelles formes d’expression.

C’est compte tenu de tout ce qui vient d’être écrit qu’il faut avoir pris le temps de descendre de sa voiture pour arpenter les rues de la ville que l’on prétend administrer. Pour ceux qui assument cette responsabilité souvent d’ordre moral, une halte bien intéressante était possible devant la porte du Musée Westercamp, fermé depuis 1er novembre 2002, dont "on" nous dit qu’il est en cours d’inventaire. Qui peut encore accorder le moindre crédit à une pareille assertion ? D’autant qu’une édition du dernier trimestre 2006 de leur émouvante gazette nous annonçait qu’une "étude scientifique" allait être publiée pour la fin de l’année… 2006. On sent qu’il va falloir encore attendre pour s’émerveiller de ce qui risque de ressembler, sur le plan de l’originalité et de l’imagination, au site Internet de la ville. Je vous invite d’ailleurs à aller le visiter, surtout parce qu’il est possible d’y télécharger les précédentes éditions de leur gazette et, partant, d’y relever toutes les "promesses", toutes les "déclarations d’intentions", toutes les paroles censées nous en mettre plein la vue sur les "projets" d’une équipe incapable de donner du sens à ce qu’elle entreprend, à grands frais, naturellement comme ils aiment à le dire.

 

Pour en revenir à nos "cultureux" d’occasion, leur inaction ne manque pas d’agacer autant qu’elle sait amuser, à leurs dépens s’entend. Ainsi était-il possible de voir cette affichette apposée sur la porte du musée, ce musée dont ils nous privent alors qu’il a été fait pour nous, et qu’il aurait été si simple d’ouvrir cette fameuse nuit du 19 mai. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Pourquoi, une fois de plus, ferment-ils les portes, rejettent-ils le vulgaire, c'est-à-dire nous, hors des maisons qu’ils occupent jusqu’à poser, par leur conduite, la question de leur légitimité ? Parce qu’ils ne connaissent plus de la ville que le reflet déformé qu’ils en aperçoivent au travers des vitres fumées de leurs carrosses qu’ils promènent dans ce qu’ils prennent pour leur domaine.

 

 

 

 

 

20/05/2007

Provocation ordinaire et brame électoral

Nous sommes le samedi 19 mai 2007, sur la place de la République (tout un symbole !) à Wissembourg. Là, se tient comme tous les samedi le marché qui permet à chacun de faire ses provisions, qui chez le détaillant historique (Monsieur Goetmann), qui chez le bio-agriculteur (Daniel Starck), qui son miel ou ses pain au stand de la famille Heil. N’oublions personne et citons Monsieur Dumont et son étal de savonnerie, ou Claire-Lise pour les volailles, Grammes pour le fromage, les Hecky pour les fruits, pommes en particulier et Azur Primeurs pour les fruits et légumes et les produits de conserve orientaux, et mes excuses pour ceux qui n’auraient pas été cités. Tout le monde se parle sans élever la voix, prend des nouvelles de la famille, des enfants, commente le temps qu’il va faire, profite du soleil, oublie l’actualité partisane, prend le temps de vivre en somme.

 

Puis survient le choc des cultures, des civilisations, des façons d’être, des éducations, du regard que l’on pose sur l’autre, qui dit en quelle estime on se tient, on parle de la rencontre du maire de Wissembourg et du propriétaire du Kronan rose,  de transportfiets comme dit la voisine de l’une de mes filles (pour ceux qui ne connaissent pas encore, il s’agit de la marque du vélo sur lequel roule celui que le maire de 1 500 Wissembourgeois a décidé d’ériger en ennemi de la ville).

 

Comme c’est maintenant la coutume, et puisque nous sommes en période de brame électoral, le maire nous inflige sa présence le samedi matin, histoire de nous faire comprendre qu’il nous aîîîîîme et que nous nous devons lui rendre cet amououououour en termes électoraux s’entend. Alors, peu habitué à côtoyer le vrai peuple, ce personnage, qui a cessé d’être le maire de tous les Wissembourgeois, croit qu’il ne peut exister que s’il s’en prend, et de quelles mauvaises manières, à celui qui représente tout ce qu’il hait, un opposant irréductible, tout du moins tant qu’On lui prête force, vie et courage. Alors, ce sont ces remarques aussi stupides qu’insignifiantes sur l’avis de ce monsieur, que l’on voit si peu sur un vélo, prétend avoir sur l’endroit où l’on doit parquer sa bicyclette, moyen de déplacement qu’il méprise comme en témoigne sa pratique quotidienne. Et là où les choses prennent une tournure probablement involontairement humoristique, c’est quand il prononce cette phrase d’anthologie : ah, là, c’est quand même plus intelligent ! On ne sait pas vraiment de quoi il parle. Est-ce une sorte de "terra incognita", tache blanche qui figurait naguère sur les planisphères comme autant d’espace où résidaient toutes les richesses du monde, matérielles évidemment, mais surtout celles de l’esprit, qui ne manquera pas de souffler lors de cette prochaine Pentecôte.

 

Pour l’heure, on se contentera de remarquer qu’en quatre semaines celui qui se targue d’être maître de ses nerfs ne peut pas supporter la vue et la présence de l’un de ses concitoyens sans l’apostropher de la plus détestable des manières, qui manifeste qu’il est maintenant permis de s’interroger sur les ressorts qui l’animent. Ce qui est assez comique dans l’affaire, c’est que celui qui détient tous les pouvoirs montre par cette attitude somme toute un peu puérile qu’il n’est absolument pas celui qu’il voudrait avoir l’air d’être, et qu’il est incapable de maîtriser ses humeurs au prétexte qu’il est face de celui qui ne laisse rien passer, et surtout qui n’entend pas se laisser intimider par des méthodes d’un autre âge, révolues depuis fort longtemps. Le maire de Wissembourg, l’homme du passé, ça c’est un slogan !

 

Pour ce qui est de la provocation primaire, on en restera là et "monsieur" pourra continuer son numéro en essayant de s’attirer les bonnes grâces d’auditeurs obligés qui sont incommodés de son attitude et qui la considèrent comme totalement déplacée. Il pourra, s’il le veut, aller encore plus loin dans l’invective, hausser encore le ton, bref s’engager dans l’impasse du ridicule.

18/05/2007

Tiens bon, Ingrid !

Il paraît que le président de la République , ami des milliardaires et des scientologues, s’inquiète beaucoup de la situation d’Ingrid Bétancourt, dont Pumpernickel teint le compte dramatique des jours de détention depuis quelques mois. C’est du moins ce qu’il veut faire entendre et comprendre en recevant sa famille aujourd’hui. Acceptons-en l’augure, et souhaitons qu’entre tous ces "dossiers" tous plus prioritaires les uns que les autres l’hyperactif trouve quelques instants, entre deux joggings médiatiques, pour envoyer un "message fort" à ceux qui retiennent quelques milliers d’otages, des vrais, pas des usagers des transports en commun pour lesquels il va faire adopter un texte de réquisition des employés dans le cadre du "service minimum".

Si c’était vrai, il est probable que toute la Sarkozie se serait mobilisée pour engager la bataille de l’opinion publique contre les criminels. On en aurait eu l’illustration à Wissembourg, où "monsieur le maire" (qui ne fait pas outrageusement campagne pour soutenir ceux qui l’ont fait élire) n’aurait pas manqué de "se mobiliser" pour soutenir "l’une de nos compatriotes" en situation difficile. On attend encore qu’il prenne la moindre décision. Qui peut être surpris de cet immobilisme et de l’attentisme qui gouverne chacune de ses "décisions" ? En fait personne, et le pire, c’est qu’il ne se soit même pas rendu compte, avec les années, et malgré tout l’argent dépensé à user des "conseillers en communication" qui nous coûtent si cher, que c’est en prenant ce type d’initiative qu’il aurait coupé l’herbe sous le pied d’une opposition irréductible qui ne s’exprime pour l’instant que tous les deux mois dans un périodique qu’il exècre, avant qu’un véritable second terme à l’alternative ne prenne corps et l’emporte dans l’oubli, là d'où il n’aurait jamais dû s’extraire.

En attendant, quelle tête fera-t-il lorsqu’une issue bonne ou mauvaise sera trouvée à la situation d’Ingrid et de ses compagnons d’infortune. Et que dire de ces "journalistes" d’occasion, hommes liges d’une féodalité surannée, qui ne trouvent localement jamais une ligne pour poser ce problème et engager le débat, comme c’est leur devoir. Pour sa part, et même si cette action modeste n’a que peu de conséquences parce que ceux qui pourraient lui donner du relief refusent de s’y associer, Pumpernickel continuera à afficher sur son mur le compte des jours de captivité d’Ingrid, en espérant que la raison et l’intelligence finiront par triompher. Et lorsqu’Ingrid sera enfin libérée des geôles de ses ravisseurs, ceux qui auront manifesté leur solidarité avec elle, même s’il  s’agit des ouvriers de la onzième heure,  pourront fêter ça rue Saint-Jean.

Tiens bon, Ingrid !

17/05/2007

Monsieur Reiss dans ma boîte à lettres !

La campagne électorale s’annonce prometteuse ! Vous avez sans doute aussi eu dans votre boîte à lettre l’impérissable "lettre de Frédéric Reiss" intitulée "Droit au but". On ignore ce qu’il veut nous dire par là, mais en parcourant le 4-pages proprement indigeste imprimé sur papier glacé, on se dit que la place ne doit pas être tout à fait inhospitalière, du moins si l’on s’en tient à l’énergie qui est mise pour que son titulaire actuel s’y accroche avec autant de détermination.

 

Comme on n’est pas cruel, on ne s’étendra pas ni sur la petite quarantaine de "Frédéric Reiss" ni sur ces inévitables photos prises avec ceux que ce monsieur pense importants et auxquels il aimerait bien ressembler. Il est vrai que sa situation est en fait peu favorable, socialement parlant. Suppléant de l’autre, "élu" d’une lointaine circonscription, membre d’une assemblée de 577 membres et d’un groupe de 365 opineurs du bonnet, il aura eu beaucoup de mal à être connu y compris parmi ceux qu’il est censé représenter. Il aura fallu toute l’opiniâtreté de ses amis locaux pour que nous mettions enfin un visage sur celui qui n’est resté qu’un inconnu toutes ces années.

 

Pour ma part, c’est lors du débat national autour du texte Giscard dit de traité constitutionnel européen que j’ai fait sa connaissance. C’était à l’église protestante de Woerth où il pérorait avec un compère allemand sur les bienfaits présumés du texte soumis à referendum. Ayant à tout hasard amené avec quelques notes sur "le volet social" de cette imposture, j’ai pu non pas lui poser une question mais apporter un démenti définitif et argumenté à l’une de ses affirmations aussi péremptoires qu’approximatives. Monsieur a mal pris les choses et a entrepris de répondre, mobilisant le micro tandis qu’il feuilletait l’argumentaire du député de base qui lui avait été fourni par son parti. On attend de sa part toujours autre chose que des banalités.

 

Pour en revenir à ce qui a été déposé dans les boîtes à lettres, et s’il fallait décerner une médaille, ce serait la page 4 pour le mauvais goût et la démagogie qu’elle véhicule. D’autres parleront de "populisme", mais comme il s’agit du courant fasciste inspiré par Juan Peron, et malgré le niveau on peut croire le député candidat à sa succession attaché aux principes démocratiques, démagogie suffira. A quoi servent ces vers de mirlitons en alsacien pour flatter chacun des cantons de la circonscription ? S’agit-il de faire en sorte que chaque habitant se sente cité par cette sommité locale dont la notoriété a bien du mal à dépasser les limites de la forêt de Haguenau ou celles de la crête des Vosges du Nord ? En tout cas, quel respect manifeste-t-on à l’égard des électeurs en leur infligeant pareille lecture ? Cela donne du personnage une image préjudiciable à la fonction élective qu’il occupe et dont il sollicite le renouvellement.

 

Arrêtons-nous enfin sur le programme des "rencontres" qu’il nous propose. Espérant rattraper le temps qu’il n’a pas passé avec nous ces 5 dernières années, il va faire le tour de la circonscription en moins d’un mois, avec des arrêts d’une heure à (out casser dans les communes, au volant de son minibus, dont on espère qu’il fonctionne à l’agrocarburant (et non pas bio carburant, car cela sous-entend que les plantes qui servent à sa fabrication sont issues de l’agriculture biologique, ce qui est tout sauf la vérité), ce qui serait bien le minimum. Tout ce déballage dans la précipitation sonne évidemment faux, ne recoupe aucune réalité et donne de la fonction de député celle d’une sorte de saltimbanque pressé, touche-à-tout de la chose publique. On est loin de la campagne de 1993 lorsque Monsieur Loos battait le maire de Wissembourg et donnait l’impression d’être accessible à l’argumentation. Ensuite, les choses ont changé, et ceux qui pu lui faire confiance à l’époque ont toutes les raisons de s’estimer trahis, mais c’est une autre histoire qui ne sera jamais disputée, Monsieur Loos ayant choisi de poursuivre ailleurs sa carrière de politicien professionnel.

pentecôte, sarko et toutes ces sortes de choses

Ainsi ça y est, la France, effarée, a assisté à l’intronisation du président des plus des 60 ans, ceux dont le vote a été décisif, car c’est celui qui a fait la différence entre les 19 millions de l’un et les 17 millions de l’autre.

Effarée à plus d’un titre en voyant le débarquement de la tribu du président [on peut l’écrire puisque les commentateurs ont utilisé le terme], avec les fils de Monsieur, les filles de Madame et leur enfant commun. Ce petit monde prenait possession des lieux comme ils l’ont fait lors du bref passage de Monsieur à Bercy, quand il a fallu refaire les appartements, acheter du mobilier, réorganiser le personnel. Cette fois, la mise en scène a commencé sur le tapis rouge avec, la classe intégrale, l’un des enfants prenant la pose devant les photographes les mains dans les poches. On sent que parents, éducateurs et enseignants auront dorénavant toute facilité à expliquer qu’il ne s’agit pas là d’un geste peu respectueux de l’interlocuteur puisque l’exemple vient maintenant de haut.

 

On n’était pas au bout de nos peines avec la convocation de Guy Môcquet. Fils d’un député communiste du 17ème arrondissement de Paris, il a été fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 à Châteaubriant. Il est l’un des 50 Otages qui étaient "bons à être exécutés" selon la formule des "autorités françaises" de l’époque, qui ont donné une liste pour "éviter de faire fusiller 50 bons Français". Il est vrai qu’il est plus facile à un homme de droite d’aller chercher un héros parmi les gens de gauche que l’inverse. Mais comme l’heure n’est pas à la polémique, on rappellera que le premier fusillé pour faits de Résistance dans la département de la Sarthe est un militant de l’Action française, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.

Fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 à Châteaubriant et non pas la milice comme l’a bien imprudemment déclaré ce matin 17 mai au micro de France Inter dont elle était l’invitée Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne, "spécialiste UMPiste de l’environnement". On espère seulement que la fille de l’ancien maire de Sèvres maîtrise mieux cette question que celle de l’histoire de son pays avec laquelle elle prend plus que des libertés. Elle devait sans doute confondre Guy Môcquet avec Jean Zay, autre grande figure de la Gauche et du Front populaire, abattu le 20 juin 1944 au détour d’une route par les nervis de Joseph Darnand. On s’étonne d’ailleurs que le président auquel elle s’apprête à cirer les pompes n’en ait pas encore appelé aux mânes de Léo Lagrange, comme ça la confusion serait complète. Il ne suffit pas en effet d’aller se recueillir à la cascade du bois de Boulogne pour s’auto-attribuer des brevets d’humanisme.

 

Quant à la comédie de l’accueil à Berlin de celui qui joue à l’homme pressé et au séducteur adepte du tutoiement, comme si cela était nécessaire et allait aplanir les différents entre les deux pays, ou gommer les approches réciproques du dialogue démocratique, c’est à peu près n’importe quoi. Il suffit d’expliquer aux Allemands comment nous élisons nos conseillers municipaux, ils écarquillent des yeux incrédules devant ce simulacre de représentation démocratique et ne s’étonnent plus alors que la société française soit bloquée.

 

Un petit mot maintenant sur tous ces gens importants qui vont à la gamelle. De Max Gallo à Bernard Kouchner, en passant par Hubert Védrine et Nicole Notat, ils se précipitent pour aller roucher l’os qu’on leur a laissé au fond de l’écuelle. Ils vont sans doute nous chanter la chanson de la nécessité de faire évoluer l’UMP de l’intérieur, ainsi que de leur souci d’être efficace. On connaît un peu localement. Rappelez-vous le ralliement de Dominique Schweinberg, ancien de la liste socialiste, qui est maintenant membre de la majorité silencieuse autour "Pierre". Quelqu’un peut-il dire qu’il a fait évoluer quoi que ce soit vers où que ce soit ? Même remarque pour l’une des cibles favorites de Pumpernickel, l’adjoint actuel aux permis de construire qui expliquait qu’il avait décidé d’être utile et de ne plus se réfugier dans l’impasse de l’opposition, forcément systématique. Quelqu’un peut-il quelle a été son action réelle dans la défense du patrimoine architectural de Wissembourg ? Le coup fera long feu comme d’habitude, mais une fois les élections passées et une majorité encore introuvable envoyée à l’Assemblée nationale. Ensuite, tous les "–sans" n’auront plus qu’à compter leurs abattis, car la chasse est ouverte. Seule manière d’échapper à la curée, c’est d’investir dans tous les interstices de contre-pouvoirs qui nous restent : associations de soutiens aux sans-papiers, investissement de la contre-culture politique, préparation rapide et efficace des échéances municipales, re-syndicalisation, tout est bon pour ne pas laisser croire à ces gens, amis des possédants, que nous  n’avons pas envie de leur ressembler, pas plus à eux qu’à leurs yachts dont tout le monde s’accorde à les trouver dégoulinants de suffisance et de mauvais goût.

 

 

Allez, on termine avec la grande fêêêête de Wissembourg, ces jours de Pentecôte dont l’évocation nous renvoie forcément à l’Esprit qui descend sur nous pour nous ramener à des sentiments plus fraternels à l’égard de ceux qui restent nos semblables malgré les apparences. Le mentor communicateur de ville-wissembourg.eu, comme ils appellent leur site Internet, a fait encore une fois très très fort. Ne discutons pas la forme du prospectus, euh pardon, de la plaquette distribuée pour annoncer les réjouissances. Notons simplement qu’elle comporte en médaillon deux attractions qui sont absentes du programme. Il s’agit du feu d’artifice (pourtant grande attraction tout à fait traditionnelle et offerte d’abord aux Wissembourgeois) et de l’animation dans la cour du palais Stanislas, de l’ex-palais devrait-on dire puisqu’il vient d’être "vendu" pour la somme étonnante d’un demi-million d’euros au Conseil général du Bas-Rhin qui va en faire sa "maison du département". Cette plaquette a été conçue par ce grand professionnel dont il n’est pas question de discuter des mérites car chacun sait que cela déplaît fortement à celui qui l’a ébauché pour des sommes dont le montant, semble-t-il partiel, a été détaillé dans les précédentes éditions de Pumpernickel. Tout comme le mot du maire qui semble reprendre mot pour mot la "traduction" qui avait été faite de ce qui avait été publié sous son nom dans une publication gratuite commerciale allemande. Chacun en tirera les conclusions qui lui semblent les plus appropriées. Et pour s’en convaincre, comme de l’originalité des propos qui sont tenus, voici côte à côte "le mot du maire" de la plaquette 2007 et la traduction qui avait été faite de celle de l’an dernier :

 

Version 2006 :

 

Vivre les fêtes de Pentecôte et rendre la tradition vivante.

 

En associant les fêtes de Pentecôte avec la ville de Wissembourg, vous vous placez dans une tradition centenaire. Les racines de cette tradition conduisent jusqu’au 18ème  siècle. Elles se sont développées incessamment. Aujourd’hui, elles nourrissent cet arbre de vie, qui rassemble chaque année dans ses ombres des Wissembourgeois originaux, proches ou acceptés et leurs amis proches ou lointains. Chacun se rend à Wissembourg pour les fêtes de Pentecôte avec le même but : vivre la fête et rendre la tradition vivante.

Les fêtes de Pentecôte ont déjà été caractérisées par des évolutions et celles-ci ont une influence sur leur déroulement d’année en année, tout en n’alimentant qu’une seule orientation : la rencontre heureuse entre des êtres humains, qui ont la même passion en commun, c’est-à-dire des êtres humains, qui aiment rencontrer d’autres êtres humains. Cette rencontre entame plusieurs chemins de croix. Pour de nombreuses personnes, cela voudra dire des courses de chevaux, pour d’autres, des soirées dansantes avec la participation de groupes de Rock ou de groupes de costumes régionaux, tout comme des feux d’artifice et l’éclairage de quartiers de la ville, un marché de produits de la campagne, des expositions et bien entendu également l’indétournable et traditionnelle fête de mai. Chacun aura l’occasion de fêter la tradition, le folklore et l’amitié. La ville de Wissembourg a minutieusement préparé les fêtes de Pentecôte 2006 pour vous. Votre présence au cœur de la ville récompensera la tradition vivante grâce à la volonté des organisateurs. Chacun trouvera ici son bonheur. C’est là le souhait de tous les organisateurs que je vous donne en leur nom.

 

Version 2007 :

 

Les fêtes de la Pentecôte contribuent au rayonnement de Wissembourg. Attendues d’années en années, elles répondent à cette part de rêve de nos contemporains qui les projettent dans un passé heureux tout en les enracinant dans la dimension contemporaine de la fraternité et surtout des retrouvailles en famille et entre amis.

 

Unir le passé au présent dans un élan de joie, fêter la joie de vivre ensemble est un réel défi auquel la municipalité est attachée !Une nouvelle fois, la Ville de Wissembourg et toutes les forces vives qui veillent à créer un bel esprit de fête ne manqueront pas de mobiliser toutes leurs énergies pour que votre temps de présence à l’intérieur de nos remparts comme aux différents points fixes où la fête se décline sur tous les registres vous soit profitable.

 

Les courses hippiques, les illuminations de quartiers, le marché du terroir, la présence de manèges et ses stands exerceront leurs attraits sur ceux qui feront honneur aux festivités de Pentecôte 2007.

 

Dès à présent, je souhaite à toutes celles et ceux qui manifesteront leur amitié à Wissembourg la bienvenue dans notre cité pour de belles heures de détente !

 

Les organisateurs de ce rendez-vous devenu traditionnel se réjouissent de partager avec vous des instants particulièrement riches en rencontres.

 

Vous êtes attendus à Wissembourg ! Dans cette perspective, je vous dis : à bientôt

Au travers de son site Internet, Wissembourg vous accueille… En parcourant ses pages, vous y découvrirez certains aspects de sa vie, des rouages administratifs et des éléments pratiques utiles aux administrés. Loin d’être figé, ce site Web sera évolutif ; il s’actualisera au fur et à mesure des événements qui font la trame de la vie de cette ville, Porte de France, dont l’âme si particulière enchante celle du visiteur. Les différentes rubriques se suffisent à elles-mêmes ; votre curiosité vous stimulera dans la découverte de pans entiers de l’univers wissembourgeois. Souhaitant donner à cet outil de communication sa pleine dimension, nous attendons également vos suggestions et vos remarques. Nous serons en mesure d’y tenir compte dans la mesure du possible pour renforcer toute l’information de Wissembourg et sa vie au quotidien. Au nom des conseillers municipaux, je vous souhaite une excellente visite virtuelle de Wissembourg en attendant qu’elle se concrétise sur place. Vous y êtes les bienvenus !

Pierre Bertrand, maire de Wissembourg, 1er vice-président du Conseil général du Bas-Rhin

13/05/2007

Reprise

Presqu’un mois sans vous donner d’autres nouvelles de Wissembourg que celles du dernier numéro de Pumpernickel, ce n’est ni très gentil, ni très respectueux vis-à-vis de tous eux, une bonne centaine par jour, qui viennent faire un tour sur le blog. On va donc s’y remettre avec un peu de régularité en essayant de vous tenir au courant de ce qui se passe en ville.

 

Comme partout en France, Wissembourg s’est rendue, avec une certaine délectation, aux assauts de celui qui veut prendre la France depuis si longtemps, cet ami des milliardaires et des scientologues [on se rappelle avec quelle émotion Monsieur Nicolas S. avait accueilli Monsieur Tom C., adepte éminent de cette secte fondée par Ron Hubbard], ex-premier flic de France, et interdit de séjour dans certains quartiers de certaines villes [c’est l’un des traits majeurs du nouveau président de la république : il ne peut pas aller à La Courneuve sans déplacer avec lui quelques escadrons de gendarmes mobiles, ce qui donne de sa personne une image bien peu favorable, en termes démocratiques s’entend]. Ici, les électeurs émerveillés par sa syntaxe [Eh bien, moi, j’vous dis que…, vous aurez remarqué que la plupart de ses saillies commence comme ça, ce qui est tout de même très classieux] et la pertinence de ses analyses [on pense en particulier à ses réflexions sur la prédestination génétique des suicidaires qui nous renvoie aux heures les plus dramatiques de l’histoire contemporaine] lui ont adressé, surtout au second tour, avec 70% des suffrages, leurs encouragements les plus vifs à continuer à proférer anathèmes et sottises pour la plus grande satisfaction des national-frontistes. Remarquons tout de même qu’au premier tour, Nicolas S. recueillait le tiers des voix, soit autant que le total François B. Ségolène R.. On est loin des scores de républiques sud-américaines ou des ci-devant régimes soi-disant populaires que recueillait celui dont tout le monde a oublié le nom, on parle évidemment de Monsieur François G., défenseur autoproclamé des bouilleurs de cru, inamovible élu "gaulliste", qui s’offrait le luxe, en pleine vague rose, de se faire réélire au premier tour. A l’époque, à la grande époque, compte-tenu de tout ce qui avait été fait pour chacun, et qui était rappelé par une lettre personnelle, l’élection n’était qu’une formalité. Cette fois, c’est un peu différent, et l’ex-Chiraquie a un peu de mal à décoller des 1 500 voix … que le maire actuel de Wissembourg avait obtenues lors des dernières élections municipales de 2001. En face, le potentiel est évidemment important, pour peu que la bonne personne sache faire l’acte de candidature qui changera tout. Car, ne nous y trompons pas, la fatalité n’est pas de mise, et la permanence à la mairie d’un personnage dont les capacités à se projeter vers l’avenir sont plus que réduites comme le montrent ces 18 années d’immobilisme n’est absolument pas inscrite. Son débarquement lors de la prochaine échéance est au contraire tout à fait envisageable, d’autant que le bilan de ces gens est tout sauf intéressant.

 

Pour en revenir aux jours d’élection, c’est probablement la perspective d’une victoire facile pour laquelle il n’a eu besoin de rien faire, comme d’habitude [puisque la seule fois où monsieur a fait campagne, ça aura été pour perdre, en 1993, lors du scrutin législatif], qui a incité notre homme à faire sauter ses inhibitions pour endosser cette attitude de mépris et de provocation à l’égard d’adversaires qu’il n’envisage que comme des ennemis. La scène s’est déroulée par deux fois sur le marché hebdomadaire, les 28 avril et 5 mai. La première fois, fâché de voir que les supporters de Madame Ségolène R. battaient le pavé, son éminence est sortie de son palais pour arpenter le marché. Las, son ramage se rapportant à son plumage, il s’est trouvé fort désœuvré car personne n’était chaud pour s’intéresser à sa navrante conversation. Il s’en prit donc à celui dont il a tenté d’organiser la ruine financière, en commentant la façon qu’avait icelui de ranger son vélo (rose) sur la place de République. Avec ce mot toujours surprenant : "c’est intelligent de garer son vélo comme ça, Monsieur Michon !", et de prendre à témoin chalands et commerçants qui ne savaient plus où se mettre. Cela lui a valu la lettre qui suit, à laquelle, fidèle à son comportement, il a répondu la semaine suivante en apostrophant, et de quelle manière, ceux qu’il ne se résigne pas à voir habiter ce qu’il prend pour  "sa ville".

Wissembourg, le 28 avril 2007.

 

Monsieur, Votre dernière initiative consistant à m’apostropher pour me faire une remarque désobligeante et déplacée montre à quel point de nervosité vous en êtes arrivé à mon égard. L’activité éditoriale dont je fais preuve depuis 12 ans n’est évidemment pas étrangère à ce comportement qui n’est pas à votre avantage.

Vous aves le droit de me détester et d’afficher publiquement un ressentiment que ma seule présence au marché hebdomadaire paraît vous inspirer. Cela dit, puis-je vous rappeler que, quelle que soit la situation des uns et des autres, qui plus est lorsque l’on est investi d’une charge élective, certaines règles s’imposent, dictées d’abord par la bonne éducation. Ainsi convient-il de bannir la provocation, l’interpellation publique, la vocifération de « raisons » ou l’utilisation abusive d’une position sociale avantageuse. Si vous avez des réflexions à faire sur ma façon de me conduire, vous serez bien inspiré de vous en tenir à ces règles qui vous ont été apprises autant qu’à moi.

Bien que sachant d’expérience que je n’aurai de votre part aucun autre type de réponse que le durcissement de votre attitude à mon encontre, je ne vous en prie pas moins d’agréer les salutations d’un administré excédé de devoir constater l’ostracisme dont vous savez faire preuve au quotidien.

 

 

 

 

 

 

Mais pourquoi tant de haine ? feignait de se demander faussement ingénument le pas encore élu nouveau président de la République. On est tenté de se poser ici la même question, même si on en connaît des éléments de réponse qu’il faut malheureusement pour la collectivité aller chercher ailleurs que dans le combat politique. Oui, malheureusement, car c’est toute la ville qui paie pour l’aveuglement de celui qui croit qu’il peut tout faire, tout dire, tout commander, au prétexte qu’il n’a aucune obligation, autre que morale, de tenir compte de ceux qui n’ont pas voté pour lui. Mais le sait-il ? On en restera là, chacun étant assez grand pour conclure.

Cette dernière semaine aura été évidemment marquée par quelques "événements" que l’on aimerait nous faire passer pour importants.

Le premier, c’est évidemment l’école buissonnière organisée par le "président élu" qui a emmené son jeune fils, Louis, en croisière sur le frêle esquif de son pote Bolloré, dont tout le monde a appris qu’il n’avait jamais, et on le redit, jamais, signé de contrats avec la puissance publique. Puisqu’on nous le dit, et que ce sont "les plus hautes autorités de l’état" qui insistent, à quoi bon mettre une telle parole en doute. Les mêmes ont d’ailleurs dit que Monsieur Bolloré était un homme intègre qui gagnait honnêtement sa vie. Et ce ne seront pas les populations africaines qui diront le contraire puisqu’elles assistent, impuissantes, à la destruction de leur patrimoine naturel par les sociétés contrôlées par Monsieur Bolloré, homme intègre qui gagne honnêtement sa vie. Quant au reste, Monsieur Louis a-t-il eu un mot signé de papa et maman pour excuser son absence en classe, surtout de papa qui sait être intraitable, au moins des mots, lorsqu’il s’agit de fustiger l’absentéisme scolaire. Mais comme le disait l’un des supporters du "président élu", "je ne vois pas ce qu’il y a de scandaleux là-dedans, après tout il a bien le droit. " Et la même personne d’être obligée de conclure que si elle s’était trouvée à la place "président élu", elle aurait fait pareil sinon pire. En fait il suffit de savoir décliner la morale selon leur pragmatisme. Toutes ces "raisons" iront droit au cœur de cette personne que je connais bien et qui ne travaille que 20 heures par semaine pour un peu plus de 500 euros, et qui voudrait travailler plus pour … gagner un peu plus comme dirait le "président élu", mais à qui on refuse ce travail pourtant nécessaire et utile. Cette personne regarde effarée le "président élu" se pavaner dans les boîtes de nuit à la mode ou sur des yachts de luxe, dépensant en quelques jours plus qu’elle ne gagnera toute sa vie durant. Ça, c’est la morale façon "ami des milliardaires et des scientologues".

 

Un autre non-événement, ça aura été la précipitation avec laquelle les professeurs de morale social-démocrate se seront précipités pour aller à la gamelle. On pense en particulier à Monsieur Claude A., "l’homme le plus diplômé de France" comme l’a dit Monsieur Lionel J., et à Monsieur Hubert V., ex grand pote de Tonton et ancien ministre des affaires étrangères. Comme il est touchant de les entendre nous dire qu’ils réfléchissent à entrer au gouvernement, et qu’ils vont se mettre à servir la soupe à celui dont ils disaient penser le plus grand mal il y a moins de quelques semaines. Voilà des gens auprès desquels on se sent en confiance, et auxquels on achèterait leur voiture de seconde main les yeux fermés tant leur discours est puisé aux sources de la plus rigoureuse des éthiques. Dans l’énumération, on oublie volontairement Madame Nicole N., ex-dirigeante d’une centrale syndicale qui prônait l’autogestion, ou Madame Anne L. qui servit Tonton avant de prendre mes manettes d’Areva, fleuron du complexe militaro-industriel nucléaire. Pas de problème, on est bien gouvernés.

 

 

Avant de vous quitter, laissez-moi déposer quelques photos. Il s’agit de ce qui reste de l’Imprimerie de Wissembourg, livrée aux machines des démolisseurs qui réduisent à néant, en quelques jours, plus de 170 ans de savoir-faire industriel et technique. Ce doit être la contribution locale à la réhabilitation de la "valeur travail" comme ils aiment tous à nous le répéter. En attendant, les salariés attendent, ballottés entre les promesses des uns et les exigences des autres, dans une improvisation intégrale, et ce ne sont pas les articles rassurants de la PLR qui y changeront quelque chose. A côté, les riverains sont mis devant le fait accompli par un promoteur immobilier qui agglomère le crédit mutuel et … le conseil général du Bas-Rhin dans l’une de ces constructions financières dont il est désormais impossible de démêler le tien du mien. Des habitations sans doute de bonne facture "vendues à un bon prix" qui seront tout sauf des logements sociaux prendront la place qui aurait dû être occupée par un ensemble au service de tous, remettant au centre de la ville ce que la municipalité s’évertue à mettre dehors.

Mais on est habitué. Demandez à celui qui est maintenant adjoint au maire chargé des permis de construire et préposé à l’entretien du patrimoine ce qui s’est passé au lendemain de la Pentecôte 1992. S’il a encore un peu de mémoire, il vous répondra que celui auquel il a fait allégeance 3 ans plus tard s’est assis sur les plusieurs centaines de signatures demandant à sursoir à la décision et qu’il a fait détruire l’un des bâtiments de la caserne Abel-Douay. A la place, on a construit un ensemble dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne correspond pas vraiment à ce qui avait été annoncé dans le programme Eurorex, c'est-à-dire la qualité maximale pour des logements à loyers modérés. Puisqu’il paraît que tout peut être discuté, disputons sur les deux termes de la proposition.

Pour en revenir à la destruction de l’imprimerie, personne ne regrettera des bâtiments qui n’étaient évidemment pas du meilleur effet à proximité du centre historique. Mais pour mettre quoi à la place ? Et là, malgré les avis de l’architecte des bâtiments de France dont le siège a été fait par les missi dominici de la commune, comme en atteste le dossier du permis de construire, tous les criantes sont à l’ordre du jour. Car si l’architecte des bâtiments de France a le goût de vous imposer de ne pas mettre de capteurs solaires sur votre toit "parce qu’il ne trouve pas ça beau", il peut tout autant vous imposer des constructions dont il aura décrété lui-même qu’elles sont "belles". Tous ceux qui ont eu affaire aux services concernés ont expérimenté que les raisons données au refus ou à l’accord d’un projet se situent aux confins de l’objectif et du subjectif.

Ça, c’est ce qui a été détruit. On vient de me dire que ce genre de construction en fermes béton fait l’objet d’une protection dans les pays voisins, simplement parce que cela ne se fera probablement plus. Chez nous, ce n’est manifestement pas la peine.

Et voilà, c'est fait, tout est par terre, les engins de transport peuvent embarquer toutes vieilleries à la décharge.

Avec une petite attention sépciale pour la mairie et son initiative de février 1996, quand elle a fait détruire –encore !– le bâtiment amianté de l'ancien LEP, en prétendant qu'il "n'y a[vait] pas plus d'amiante ici qu'ailleurs."

 
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