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28/08/2006

Se loger à Wissembourg

 

 

Comme vous le constatez sur les photos, la scène se passe à l’ombre des remparts, sur les terrains occupés par l’imprimerie de Wissembourg. Il était déjà un peu question, dans les conversations informelles tenues ici et là que l’imprimerie déménage pour aller s’installer sur la nouvelle zone industrielle de « Monsieur le Président de la Communauté des Communes du Pays de Wissembourg » (fermez le ban !). Mais on en restait aux propos sans élément de réalité, il fallait donc être prudent. C’est l’un d’entre vous, chers blogueurs, qui a attiré l’attention de Pumpernickel sur ce qui se prépare à l’angle de la rue de la Poudrière , suite à l’affichage des panneaux annonçant la démolition de l’ensemble industriel puis de la construction d’un « immeuble collectif ». C’est curieux comme certaines gens savent avoir dans certaines occasions des pudeurs de jeunes filles qui seraient presque attendrissantes…

Un petit tour au services techniques – pour en profiter pour jeter un œil sur un autre dossier dont on ne parlera que demain pour ne pas gâcher la fête –, et l’on s’aperçoit qu’en fait d’immeuble collectif, ce sont 6 petits immeubles qui vont être disposés sur une cour intérieure offrant à ceux qui pourront se les offrir une palette de 62 logements. Nul doute que cela ne sera pas sans répercussion sur les allées et venues de ce quartier, puisqu’il y aura au moins 62 voitures à parquer. Selon ce qui est présenté sur le permis, l’ensemble architectural, qui a été examiné lors de nombreuses réunions avec les services – Ô combien sourcilleux ! – des « Bâtiments de France », ne devrait pas jurer par rapport à l’existant.

 

 

On peut être rassuré sur le recours aux énergies renouvelables, il sera nul puisque les personnes qui officient dans ces services n’y croient pas, ne les trouvent pas jolis, et surtout pensent qu’ils sont anachroniques quand ils sont vus des remparts. Cette remarque ne vaut évidemment pas dans tous les cas : si l’on se promène côté sud des remparts, il est possible d’avoir une vue imprenable sur une installation de type, mais il ne faut surtout pas le répéter.

 

 

Donc 62 logements proposés une « société de promotion du crédit immobilier d’Alsace » qui doit être, à l’instar de ceux qui ont racheté pour pas excessivement cher l’ancien lycée Stanislas, une amicale philanthropique à but non lucratif.

 

Ce nouveau projet immobilier privé en centre ville pose naturellement la question de l’accès au logement pour tous, y compris ceux qui ont des moyens modestes. Vous voulez un exemple ?

 

La scène se déroule à une trentaine de mètres de la mairie de Wissembourg. Une famille vit dans un appartement dont on ne peut pas dire qu’il est vétuste, mais qui, à l’évidence, n’est pas entretenu comme il devrait l’être : installation électrique approximative, fuites d’eau, présence probable de gros rongeurs, humidité importante, ventilation inexistante, etc. les infortunés locataires ont tenté d’agir, sans résultat, auprès du propriétaire pour qu’il fasse aussi vite que possible les aménagements minima qui s’imposent. Ils se ensuite tournés vers la mairie pour faire accélérer une demande de logement social, mais la demande est si importante que les délais d’attente ne le sont pas moins, et nos amis n’ont qu’à prendre leur mal en patience. Tant pis si des conditions de vie désagréables engendrent des tensions dans la vie de famille et que les enfants ne disposent pas de la place nécessaire pour faire convenablement leur travail scolaire. Tout ce petit monde n’a qu’à se débrouiller, et faire preuve de « responsabilité », comme aime à le dire la droite dure représentée massivement au conseil municipal de Wissembourg.

 

Le télescopage de ces deux situations ne fait que remettre au goût du jour cette réflexion de cet ami qui déplorait que les anciens bâtiments du lycée n’aient pas été transformés en logements sociaux. On peut maintenant étendre la réflexion au projet « Poudrière » qui pose les mêmes questions, et qui voit y apporter les mêmes réponses, comme si l’expérience ne devait pas éclairer le jugement.

 

Mais l’affaire peut être aussi analysée d’un autre angle que l’on vous propose :

1.      Une entreprise vit dans un cadre vétuste, difficile d’accès. Elle cherche par conséquent à déménager, de préférence au meilleur prix.

2.      Une communauté de communes décide, au frais des contribuables, de faire une zone industrielle. Elle engage des centaines de milliers (des millions ?) d’euros pour mener ce projet à son terme. Un système d’aide à l’installation (dégrèvement de taxes pour les entreprises qui s’installent) sera mis en place, le manque à gagner fiscal étant pris en charge par les contribuables.

3.      L’entreprise qui cherche à déménager s’agit l’occasion qui se présente fort opportunément et vends son terrain. Comme il est situé au centre de la ville, voilà une opération intéressante qui ne nuit pas à la bonne santé financière de l’entreprise.

4.      Le promoteur immobilier rentabilisé son achat en mettant le maximum (de logements) dans le minimum (de place), mais c’est la règle de ce drôle de jeu.

5.      Les contribuables, cette fois déguisés en clients de l’agent immobilier doivent payer « au meilleur prix » les logements mis sur le marché à des tarifs qui les obligent à s’endetter pour 20 à 25 ans du fait du gonflement de la bulle immobilière.

6.      Lors du passage annuel à la caisse des impôts locaux, les contribuables sont priés de mettre une énième fois la main au portemonnaie pour payer les aides à l’installation des entreprises sur la zone industrielle, les équipements collectifs que les 62 logements ont induits, l’entretien de la voirie usée par un surcroît de circulation, etc. Ils doivent en outre subir, mais cela n’est pas quantifiable, sauf lorsque c’est l’un des responsables qui en est victime, les diverses nuisances engendrées par une circulation automobile que l’on s’entête à ne pas vouloir endiguer.

 

A-t-on le droit de comprendre qu’au bout du compte, il y en un qui paie, et un seul, le contribuable qui doit au passage faire les frais d’une absence d’offre de logement bon marché destiné aux revenus modestes. Pour mémoire, rappelons la mauvaise histoire de cette autre amie de Pumpernickel, priée d’aller chercher fortune ailleurs que dans le logement OPUS qu’elle occupait, et ce quelques jours avant l’entrée en vigueur de la trêve hivernale.

25/08/2006

Six mètres ? Non, cinq mètres soixante !

Ainsi, c’était donc vrai ! Alors que les travaux battaient leur plein selon un calendrier rigoureusement tenu, à en croire le rédacteur de l’inépuisable « gazette à 4000 », dite « gazette de Wissembourg », voilà que la rumeur se répandit en ville selon laquelle la largeur de la nouvelle voie du « secteur gare » n’aurait pas la largeur des six mètres requis. S’abandonnant quelques instants à la confidence, Roi-Pierre a même abordé le sujet presque publiquement avec un employé municipal lors d’une réunion sur le site des futurs ( ?) terrains de tennis sur une zone inondable, en face du nouveau lycée, lui-même bâti sur un terrain réputé peu stable.

 

Pumpernickel s’est donc rendu sur place ce 25 août et a entrepris de mesurer la largeur de la chaussée. C’est sans appel : cinq mètres soixante à l’angle de la rue des Messageries, à nouveau cinq mètres soixante devant les Caves de Wissembourg, un îlot central qui ménagera à peine trois mètres de largeur ! On croit rêver. Il est plus que probable que deux autobus ne pourront pas se croiser, à cause en particulier des rétroviseurs qui engagent le gabarit. Est-il excessif de penser qu’un ancien « dirigeant d’entreprise » de transport aurait pu y penser avant ? Faut-il encore redire que ce n’est malheureusement pas la première fois que l’on se prend les pieds dans tapis puisque pareille mésaventure était arrivée au carrefour du Stichaner ainsi paraît-il que Boulevard de l’Europe. Aux dernières nouvelles, et selon probablement une culture du particularisme local, la largeur de la chaussée comprend le caniveau que les chauffeurs de poids lourds seront priés d’utiliser s’ils veulent se croiser. A moins qu’ils ne montent directement sur le bas-côté, ce qui ne sera pas sans conséquences négatives sur la durabilité de cette nouvelle entrée de ville qui nous coûte si cher.

 

Mais en poursuivant les investigations, on s’aperçoit que la piste cyclable, pourtant créée de toutes pièces, ne sera large que d’un mètre trente, interdisant à deux vélos de rouler de front. On sent que ces gens ont l’habitude de circuler à bicyclette, et surtout qu’ils sont allés voir ailleurs comment on y traite la circulation des 2-roues. Il faut dire que ce doit être trop loin, c’est pourquoi Pumpernickel vous offre quelques photos qui montrent que le pire n’est jamais certain, et il est permis d’espérer que la Grâce et la Providence nous viennent en aide pour mieux inspirer ceux qui prennent les décisions indépendamment de nos désirs.

 

Cette faute majeure de conception et de réalisation pose de nombreuses questions quant au niveau de compétence d’une équipe qui, l’an dernier, n’a pas pu démarrer les travaux parce qu’elle s’y est prise trop tard et qui aurait par conséquent pu mettre ce léger répit pour réétudier son dossier et procéder à quelques vérifications d’usage. C’est un peu comme si on avait affaire à des professionnels du dilettantisme, ce qui est bien fâcheux, avouons-le.

 

Abordée plus haut, la question financière n’est pas le moindre des sujets de préoccupations. L’ensemble de ce chantier qui paraît quelque peu démesuré coûtera, en bout de course, plus de cinq millions d’euros aux contribuables, qu’ils soient Wissembourgeois ou Bas-rhinois. Et tout ça pour ne même pas avoir une rue qui permette le passage de la circulation actuelle.

[ Sans oublier que nous reparlerons de tous ça dans moins d’une dizaine d’années quand les prix de l’énergie auront chamboulé nos habitudes actuelles : essence à 2,50 € le litre (au moins), gaz inabordable, électricité prohibitive, etc. On aura l’air malin avec nos routes inutiles empruntées par ceux, peu nombreux, qui en auront encore les moyens. Aux autres, c'est-à-dire la plupart, les transports en commun ou le recours forcé et contraint au vélo et à la marche à pieds. ]

C’est vraiment une grande réussite dont l’équipe de spécialistes autour de son maire a de quoi tirer une très légitime fierté.

Comme on le constate, dans ce pays de cocagne pour les cyclistes, même les ronds-points sont aménagés pour qu'ils y restent prioritaires, et qu'ils continuent, s'ils en ont envie, à rouler à deux de front, pour poursuivre leur conversation par exemple. Quant aux automobiles, elles savent attendre sagement que les vélos passent, en premier, pour continuer leur route.

Ces photos ont été prises à Ermelo, aux Pays-Bas, à un peu plus de 500 km de Wissembourg. Pumpernickel offre un aller-retour à une personne des services technique de la mairie pour aller voir là-bas comment ça se passe. Elle pourra même rencontrer des spécialistes de la circulation qui lui expliqueront ce que la mairie n'a toujours pas compris, alors que ça fait plus de 10 ans que Pumpernickel le lui explique. Tout cela rappelle cet épisode au conseil municipal quand l'un des protagonistes a fini par lâcher à l'autre, son adversaire, ce fameux "décidément, Monsieur, vous ne comprenez rien à rien !".

16/08/2006

Très chères ordures ménagères !

Très chères ordures ménagères !

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la communauté de communes, et singulièrement son président, Prince-Joseph, ont fait fort avec le nouveau mode de calcul de la redevance qui vient d’être envoyée aux malheureux contribuables, en plein été comme il se doit. C’est même devenu le thème de la saison, alimentant les conversations des uns et des autres qui ont à peu près tous quelque chose à dire. « Ils font même payer les morts ! » a constaté un habitant du centre-ville, très contrarié du mauvais tour qui lui est joué. Sans oublier les innombrables habitants inconnus, peut-être clandestins, qui sont ajoutés au nombre des occupants des logements. A tel point qu’il a fallu rédiger à la hâte une affichette collée sur la prestigieuse porte de l’ancienne école reconvertie en siège de bureaux pour inviter les doléants.

 

Rappelons tout de même que le nouveau tarif met le plancher à plus de 100 euros (pour une personne), et qu’ensuite, c’est 55 euros par personne, avec plafonnement à 5 personnes par foyer.

 

Prenons un exemple au hasard, celui d’Antoine M. (qui désire garder l’anonymat). Il a payé 95 euros l’an dernier. Bingo, pour un service qui ne va pas s’améliorer dans les mêmes proportions, cette année, les services de Prince-Joseph lui réclament 220 euros, incluant dans son foyer une troisième personne qui n’y habite pas. Mais que notre Antoine M. se rassure, les services de la Communauté des Communes du Pays de Wissembourg sont au travail, et traitent sa demande comme les dizaines d’autres qui ont afflué sur les bureaux des employés qui font ce qu’ils peuvent.

 

L’on rappellera aux innombrables personnes qui sont allées réclamer qu’elles ne seront pas redevables de la traditionnelle pénalité de 10% infligée aux retardataires en pareil cas.

 

Pumpernickel a pris l'engagement de plus rien dire ou écrire à ce propos s'il rencontre 5 personnes qui paient mois que l'an dernier à situation égale. Pour l'instant, seul un foyer fiscal a été identifié.

anecdote

10h15, c’était il y a à peine une heure. J’étais parti de la maison pour une rapide course en ville. Passage par la place de la République complètement bloquée par le stationnement de deux camions, l’un en livraison, l’autre dans l’impossibilité de le dépasser. Bilan : une vingtaine de voitures qui s’énervent, peut-être plus encore de voir qu’un vélo, même rose, n’est pas incommodé par les nuisances occasionnées par les adeptes de la pollution automobile.

Place du Marché-aux-Choux, je prends la petite rue de la Lauter pour remonter paisiblement la rue de l’Ordre-Teutonique, certes à contresens, mais en me disant que dans quelques mois, les cyclistes auront le droit de ne plus jouer à cache-cache avec les uniformes bleus pour aller au plus simple d’un point à l’autre du village. C’est entre la rue du Maire-Teusch et la rue Stanislas que j’ai vu débouler sur moi une grosse limousine noire, de marque allemande, dont je n’ai pas pu identifier le conducteur, ou la conductrice, pas plus que je n’ai eu le temps de relever son numéro d’immatriculation. Alors que j’étais bien à droite, je l’ai vue accélérer et se déporter vers la gauche pour me serrer contre le bas-côté. Fort heureusement, des obstacles ont été disposés à cet endroit, et le conducteur, ou la conductrice, n’a pas voulu prendre le risque d’abimer sa belle auto, probablement chèrement gagnée. Pour ma par, j’ai dû me rabattre le long des façades, essuyant en prime deux coups de Klaxon, histoire sans doute de me faire la leçon.

Cette mésaventure est la conséquence directe des décisions prises par la mairie en vue de décourager la circulation domestique des vélos. Ils ne croient qu’au vélo de loisir, celui du samedi / dimanche, qui met sur les routes des ex-automobilistes maladroits qui n’en finissent pas de régler leurs problèmes d’équilibre. Ils ne croient pas au vélo du quotidien, et mettent dans la tête d’automobilistes irresponsables que l’on a le droit de faire régner la loi, surtout quand elle donne aux uns plus de droits qu’aux autres.

 
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