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12/06/2006

à mort le foot, par Pierre Desproges

16 juin 1986

......Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j'entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu'ils existent, subissent à longueur d'antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l'honneur minuscule d'être champions de la balle au pied.

......Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football.

......Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints ?

......Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s'enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d'usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ?

......Je vous hais, footballeurs. Vous ne m'avez fait vibrer qu'une fois : le jour où j'ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J'eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu'à la fin du tournoi. Mais Dieu n'a pas voulu. Ça ne m'a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu'on fasse et où qu'on se planque, on ne peut y échapper.

......Quand j'étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l'école ou dans la rue. On me disait : « Ah, la fille ! » ou bien : « Tiens, il est malade », tellement l'idée d'anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.

......Je vous emmerde. Je n'ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

......Pouf, pouf.

Pierre DESPROGES

05/06/2006

pentecôte 2006 : un "vrai succès" (?!)

Il aura suffi de quelques minutes de promenade cet après-midi de dimanche pour constater que 17 ans de présence de l'équipage Bertrand auront été nécessaires pour qu'une grande fête populaire soit transformée en imitation ratée du marché des 4-temps. Joli bilan pour des gens qui délaissent les bénévoles pour s'adresser à un professionnel de l'événementiel, également rédacteur polymorphe de diverses publications liées à la mairie (gazette à 4000, journal du smictom et maintenant grand ordonnateur des "festivités de pentecôte", en attendant probablement plus et encore mieux ou pire, c'est selon). Tout le monde a pu constater que la foule des grands jours était absente. Les causes sont évidemment multiples, et il ne faut pas tirer sur l'ambulance : baisse dramatique des ressources des ménages, lassitude des promeneurs, monotonie des "anmations", "remake" perpétuel sur fond de "trâââââditions" qui commence à incommoder, et on est tenté d'ajouter, mise sur la touche de tous ceux qui donnaient volontiers, et gratuitement, de leur temps pour assurer la réussite des journées de Wissembourg et des Wissembourgeois. A court d'imagination, et désireux de donner une image "moderne" du perpétuel replâtrage, l'équipage gère une certaine pénurie et doit s'en remettre aux effets techniques faciles (illumination des façades) pour masquer son échec. Le problème de tout ça, c'est que l'on n'aura des données chiffrées que bien plus tard, lors de l'assemblée générale de l'office de tourisme, quand tout le monde aura d'autres chats à fouetter. Et il y a fort à parier que l'on remettra ça l'an prochain, sachant qu'il leur semble toujours préférable de continuer à faire fonctionner la machine à perdre. Signalons parmi les ratages les prérégrinations du marché du terroir qui voyage de quai en avenue sans que le chaland y retrouve ses marques.

Et maintenant, quelques photos, prises vers 15h30,

des parcs de stationnement que l'on a connus plus occupés

 

ou des rues qui ont été plus encombrées, mais qui s'en plaindra ?

Quant à la foule, cherchons-la !

 

Les musiciens sous le chapiteau de la place du Tribunal faisait de leur mieux pour tromper l'ennui des quelques attablés.

pendant que l'orgue de barbarie se sentait bien seul place du Marché-aux-Choux

Encore un petit arrêt quai Anselmann, là où se tenait samedi après-midi le marché des produits du terroirs qui avait élu domicile reu des Ecoles le dimanche (ça devient compliqué de suivre).

Après tout ça, il est toujours de bon ton d'écrire, y compris dans la PLR que tout va mieux, que rien n'a jamais été aussi bien, que des milliers de personnes assistaient à l'embrasement du quartier du Bruch, et autres balivernes.

On terminera avec ce rappel fait par des amis arrivés à Wissembourg en 1992. A l'époque, la rue de la République était noire de monde, le marché des artisans occupait la place des Carmes et la rue des Ecoles, un concours du plus étal recompensait les plus imaginatifs, les exposants se pressaient pour participer à ce qui était un véritable événement, et qui ressemble à une fleur fanée. Merci les professionnels !

 
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